Dès le 1er janvier 2027, le Gabon ne va plus importer le poulet de chair. La décision a été prise par le gouvernement réuni en conseil des ministres le 30 mai 2025 à Libreville autour du président Brice Clothaire Oligui Nguema.
« Cette mesure vise à redonner toute sa place à la production avicole nationale, à stimuler l’investissement agricole, à réduire la dépendance alimentaire et à renforcer la balance commerciale. Elle favorisera également l’émergence d’un tissu d’emplois ruraux, la montée en qualité des produits consommés localement et la création d’un écosystème économique autour de cette filière », indique le communiqué final des travaux présenté par la ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Economie bleue, porte-parole du gouvernement, Laurence Mengue me Nzoghe Ndong.
Il s’agit d’une décision qui donne la possibilité aux producteurs locaux d’opérer dès lors sur un marché estimé à environ 65 milliards de FCFA (environ 110 millions USD). Résultat, selon les statistiques du ministère en charge de l’Alimentation, le Gabon importe chaque année plus de 65.000 tonnes de poulets surgelés, 3.000 tonnes de croupions et 600 tonnes de pattes de poule. Cette manne financière revient actuellement, et majoritairement, à Sangel Oloumi et à la Société d’importation des produits congelés (Sipagel), leader dans l’importation et la distribution des produits surgelés au Gabon.
Bis repetita
Ce n’est pas la première fois que l’Etat entreprend de contrecarrer l’importation du poulet de chair sur son territoire. L’on se souvient en effet que le régime d’Ali Bongo Ondimba y avait déjà pensé en envisageant de produire localement le poulet de chair. A l’époque, le ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, Yves Fernand Mamfoumbi, avait annoncé, le 3 mai 2017, la construction sur le site de Life Ressources SA Gabon du projet dénommé « Poulailler intégré du Gabon ». Il était question de « produire 36 millions de tonnes de poulet de chair par an ».
Plus récemment, en février 2023, le Centre internationale d’innovation et de transfert de technologies agricoles, élevage et environnemental (CIITTA) avait manifesté son intérêt d’investir dans la zone à forte productivité d’Andem située dans la province de l’Estuaire. La structure britannique voulait se spécialiser dans la production du poulet de chair.
Un mémorandum d’entente (Mou) avait même été signé, le 3 février 2023, entre le Directeur général de l’Agence nationale de promotion des investissements du Gabon (ANPI-Gabon), Ghislain Mouandza Mboma, et une délégation d’hommes d’affaires britanniques. Au-delà de la production locale du poulet de chair, ce projet devrait générer 1.000 emplois pendant sa phase construction et 2.500 lors de la phase de développement agricole.
