Dans le cadre de l’opération de rachat d’Energy of Cameroon (ENEO), le principal producteur et distributeur d’électricité du pays, le fonds d’investissement britannique Actis, son actionnaire majoritaire, s’apprête à céder ses parts à l’Etat du Cameroun. Soit 51% (78 milliards de FCFA, environ 133 millions USD) du capital qu’il détient encore en attendant l’aboutissement de la transaction. Ce qui porterait alors à 95% la part du Cameroun dans le capital d’ENEO, contre 5% (soit 3,2 milliards de FCFA, environ 5,5 millions USD) pour le personnel qui y a fait son entrée à la suite d’une reconfiguration de ce capital en juillet 2017.
C’est dans une lettre signée le 22 mai 2025 par David Alderton, le négociateur en chef pour Actis et dirigeant de Cameroon Power Holdings (CPH), qui représente Actis dans le capital d’ENEO, que l’information d’un accord de principe conclu entre les deux parties a été confirmée. Ce document renseigne que, pour finaliser cette transaction, le Cameroun devrait régler intégralement « tous les paiements dus par ENEO à Actis (y compris les arriérés au titre des contrats de services techniques et de personnel) ». Cette condition renvoie aux créances relatives aux investissements réalisés par ENEO sur le réseau de transport électrique. A ce propos, une procédure contentieuse est d’ailleurs pendante devant la Chambre de commerce internationale (CCI) à Paris, le principal producteur et distributeur d’électricité au Cameroun accusant l’Agence de régulateur du secteur de l’électricité (Arsel) de ne pas valider à temps certains de ces investissements.
A l’analyse, l’accord de principe conclu entre l’Etat du Cameroun et Actis tait les dissensions camerounaises sur le montant proposer pour définitivement clôturer ce dossier. En effet, l’on avait appris que, pendant que, se basant sur les résultats d’une évaluation du cabinet français KPMG, le Comité interministériel, dirigé par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, proposait 80 milliards de FCFA (environ 136,5 millions USD), à la présidence de la République, l’on arguait « des surfacturations abusives et le non-respect des règles de service » pour justifier les 45 milliards de FCFA (environ 77 millions USD) proposés. Même si l’opération de rachat d’ENEO a déjà fait le deuil de cette cacophonie gouvernementale, les parties restent suspendues à la décision du chef de l’Etat camerounais, Paul Biya.




