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Kenya : la Banque mondiale alerte sur les risques de surendettement et appelle à des réformes budgétaires inclusives

Le Kenya reste confronté à un risque élevé de surendettement, avec des paiements d’intérêts représentant près d’un tiers des recettes fiscales. C’est le constat alarmant dressé par la Banque mondiale dans son dernier rapport publié ce mardi 27 mai, sur la situation économique du pays, qui appelle à des réformes budgétaires « équitables et ciblées…

Le Kenya reste confronté à un risque élevé de surendettement, avec des paiements d’intérêts représentant près d’un tiers des recettes fiscales. C’est le constat alarmant dressé par la Banque mondiale dans son dernier rapport publié ce mardi 27 mai, sur la situation économique du pays, qui appelle à des réformes budgétaires « équitables et ciblées » pour relancer une économie affaiblie et un marché de l’emploi en crise.

Malgré une légère amélioration de certains fondamentaux économiques, comme la baisse de l’inflation, la stabilisation du taux de change et des réserves internationales renforcées, la croissance reste à la traîne. Le PIB réel ne devrait progresser que de 4,5 % en 2025, avant de se redresser modestement à 5,0 % en 2026 2027.

Un contexte économique sous pression

Ce ralentissement s’explique par une série de chocs internes et externes : inondations récurrentes, taux d’intérêt élevés, réduction des dépenses publiques de développement, et un climat des affaires dégradé, notamment à la suite des manifestations liées à des réformes fiscales controversées.

Bien que l’agriculture ait fait preuve de résilience et que les transferts de fonds des diasporas aient bondi de 19 %, les secteurs industriels et touristiques restent en berne. La consommation privée reste faible, freinée par un pouvoir d’achat limité, tandis que l’incertitude politique décourage l’investissement privé.

Le déficit courant s’est néanmoins réduit à 3,1 % du PIB en février 2025, soutenu par le rebond des exportations agricoles et des réexportations, malgré une performance atone des produits manufacturés et une baisse des recettes touristiques.

Un système fiscal inégal mais réformable

Le rapport met en lumière les limites actuelles du système fiscal kenyan. Si celui-ci contribue à réduire les inégalités, son efficacité en matière de lutte contre la pauvreté demeure insuffisante. Naomi Mathenge, économiste pays principale à la Banque mondiale pour le Kenya, souligne, « La politique budgétaire est plus qu’un outil de stabilisation : c’est un levier d’équité. Pour qu’elle profite aux plus pauvres, il faut dépenser plus intelligemment, pas seulement davantage. »

La Banque recommande une réforme plus progressive de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), couplée à un élargissement des transferts sociaux. Ces derniers pourraient atténuer la charge fiscale sur les ménages vulnérables tout en stimulant la consommation et l’activité économique.

Priorité à la gestion des finances publiques et aux dépenses sociales

Le rapport appelle également à une amélioration de la gestion des finances publiques : mobilisation accrue des recettes, réduction des arriérés de paiement, contrôle des dépenses inefficaces et renforcement de la gouvernance budgétaire.

En parallèle, l’institution insiste sur l’importance de l’investissement dans les services sociaux de base, notamment la santé et l’éducation, comme vecteurs de gains économiques à long terme et de renforcement du capital humain.

Entre risques et opportunités

Si les perspectives restent fragiles, plusieurs leviers peuvent inverser la tendance : des réformes fiscales bien ciblées, une politique monétaire plus favorable à l’investissement privé, et un engagement soutenu en faveur d’une croissance inclusive et d’une création d’emplois de qualité.

Le Kenya se trouve ainsi à la croisée des chemins. Sans réformes structurelles courageuses, le pays risque de voir ses marges de manœuvre budgétaires s’éroder davantage. Mais avec une stratégie budgétaire équitable et efficace, il peut transformer ses défis actuels en opportunités de développement durable.

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