La Banque mondiale a approuvé un financement de 400 millions de dollars pour améliorer les infrastructures de transport dans le sud du Niger. Cet appui vise en effet à renforcer la connectivité entre les régions de Maradi et de Zinder, deux carrefours économiques majeurs situés à la frontière avec le Nigéria.
Le financement, octroyé par l’Association internationale de développement (IDA), la branche de la Banque mondiale dédiée aux pays à faible revenu, comprend un crédit de 380 millions de dollars et une subvention de 20 millions de dollars. Il s’inscrit dans le cadre du Projet d’intégration et de connectivité du Sud du Niger, un chantier majeur qui s’étendra sur six ans.
Au cœur du projet, la réhabilitation de la Route nationale 1 (RN1) entre Maradi et Zinder, un axe vital qui facilite les échanges commerciaux avec le Nigéria voisin et dessert plus de 16 millions de personnes. En complément, promet-on, 525 km de routes rurales et de dessertes seront modernisés pour répondre aux standards de résilience climatique, garantissant un accès permanent, y compris en saison des pluies.
Levier
Les retombées attendues sont multiples. En facilitant l’accès aux marchés agricoles, aux établissements de santé et aux infrastructures éducatives, le projet vise à stimuler les chaînes de valeur agricoles et agro-industrielles. Cela devrait générer de nouvelles opportunités économiques, en particulier pour les jeunes et les femmes, dans une région où les défis socio-économiques restent pressants.
« La RN1 est un pilier logistique qui dessert plus de 16 millions de personnes entre le Niger et le Nigéria. Cet investissement jette les bases d’une croissance inclusive et créatrice d’emplois dans l’une des régions les plus dynamiques et jeunes du pays », a déclaré Han Fraeters, responsable des opérations de la Banque mondiale pour le Niger, dans un communiqué officiel en date du 19 mai 2025.
Un engagement humanitaire et inclusif
Le Sud du Niger, notamment la région de Maradi, accueille environ un million de déplacés, dont 75 % sont des femmes et des enfants. Consciente de cette réalité, la Banque mondiale a intégré une dimension humanitaire dans le projet : 10 % du financement sont spécifiquement alloués aux réfugiés et communautés d’accueil.
Cette approche vise à favoriser l’intégration socio-économique des populations déplacées tout en renforçant la cohésion sociale. Les infrastructures prévues seront pensées comme des catalyseurs d’inclusion : accessibles, génératrices d’activités, et mieux planifiées pour répondre aux besoins des communautés les plus vulnérables.
Ce programme d’envergure marque une nouvelle étape dans le partenariat entre le Niger et la Banque mondiale. Dans un pays confronté à la fois à des défis climatiques, sécuritaires et économiques, l’amélioration de la connectivité est perçue comme un levier indispensable pour relancer la croissance et renforcer la résilience des territoires.




