Dans le cadre d’une opération d’audit comptable lancé par le gouvernement gabonais via le ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la Vie Chère, toutes les entreprises publiques (sociétés d’État et sociétés à participation financière publique) sont invitées à fournir les documents financiers nécessaires. Tel est le contenu d’un communiqué de presse rendu publique le 20 mai 2025 par le nouveau patron de ce département ministériel, Henri-Claude Oyima.
Pour la période 2022-2024, il est attendu des dirigeants de ces entités publiques « les procès-verbaux des conseils d’administration des années 2022-2023 et 2024 ; les procès-verbaux des assemblées Générales des années 2022-2023 et 2024 ; les états financiers (bilan, comptes d’exploitation) ; les rapports sur le contrôle interne des Commissaires aux comptes (CAC) conformément aux articles 438 et 715 de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) des années 2022-2023 et 2024 ; les rapports des CAC des années 2022-2023 et 2024 ; les quittances de paiement des dividendes de l’État ». Dans le même temps, à la Direction générale des participations (DGPAR), l’on attend la documentation relative à la gouvernance de ces entreprises. Notamment les statuts, le registre du commerce et du crédit mobilier, la liste des actionnaires, la liste des administrateurs, les noms des dirigeants, les procès-verbaux de nominations des dirigeants, les pactes d’actionnaires.
L’opération engagée par le ministère de l’Economie vise, selon le ministre Henri-Claude Oyima, à « identifier les risques et anomalies dans les comptes annuels des entreprises publiques gabonaises ». In fine, il est question de « procéder à l’analyse des procédures de contrôle interne de chaque entreprise pour évaluer leur efficacité et identifier les faiblesses ».
Pour rappel, selon les données du Fonds monétaire international (FMI), en 2024, le Gabon compte 27 entreprises publiques. A ce jour, il est impossible d’en consulter les états financiers, encore moins les rapports d’activité réguliers. Et pour cause, aucun de ces documents n’est rendu public. Une situation qui, en 2024, avait amené le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, à mettre en place une loi sur la gouvernance des entreprises publiques. Laquelle vise à « instaurer une culture de la performance, le renforcement des mécanismes de contrôle, la publication régulière des états financiers et les sanctions contre les dérives ». Par ailleurs, en ce qui concerne les directeurs généraux des entreprises publiques, leur nomination se fera désormais par appels à candidatures.
