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Maroc : Bank Al-Maghrib revoie à la baisse la croissance économique du royaume en 2024

Sur l’ensemble de l’année 2024, le produit intérieur brut (PIB) aurait progressé de 3,2%, au lieu de 3,4% en 2023, selon les données de Bank Al-Maghrib, la Banque Centrale marocaine basée à Rabat. L’institut d’émission note dans sa Revue de la conjoncture économique, monétaire et financière de mai 2025 que c’est « le résultat d’une diminution…

Sur l’ensemble de l’année 2024, le produit intérieur brut (PIB) aurait progressé de 3,2%, au lieu de 3,4% en 2023, selon les données de Bank Al-Maghrib, la Banque Centrale marocaine basée à Rabat.

L’institut d’émission note dans sa Revue de la conjoncture économique, monétaire et financière de mai 2025 que c’est « le résultat d’une diminution de 4,9% de la valeur ajoutée agricole et d’une augmentation de 4% de celle non agricole. »

Selon toujours BAM, au quatrième trimestre 2024, la croissance économique a décéléré à 3,7% après 4,2% la même période de l’année précédente, recouvrant un recul de 4,9% de la valeur ajoutée agricole et une augmentation de 4,4% de celle des activités non agricoles. Pour le premier trimestre de 2025, la croissance économique se serait accélérée, reflétant un raffermissement des activités non agricoles et une relative amélioration dans l’agriculture.

Au niveau sectoriel, les services de BAM soulignent que la récolte des trois principales céréales au titre de la campagne agricole 2024/2025 devrait s’établir, selon les premières estimations du Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, à 44 millions de quintaux (MQx), en hausse de 41% par rapport à la campagne précédente. De surcroit, les conditions climatiques favorables en mars et en avril auraient permis une amélioration des cultures printanières et de la situation du cheptel.

Concernant les industries manufacturières, leur valeur ajoutée s’est accrue de 3,7% au quatrième trimestre, après 7,4% un an auparavant, reflétant essentiellement, selon BAM, des augmentations de 5,8% dans la branche de fabrication de produits chimiques, de 7,9% pour celle de fabrication d’articles en caoutchouc et en matières plastiques, et autres produits minéraux non métalliques et de 2,7% pour celle de fabrication de produits alimentaires et de boissons. Par ailleurs, les résultats de l’enquête mensuelle de conjoncture dans l’industrie de BAM au premier trimestre 2025 font ressortir un repli, en glissement annuel, de 0,2 point du taux d’utilisation des capacités (TUC) à 78,1% en moyenne.

Dans le BTP, la valeur ajoutée a affiché un accroissement de 7% au quatrième trimestre 2024 contre 2,9% la même période de 2023. « Cette performance se serait maintenue, comme le laisse indiquer la hausse de 10,3% des ventes de ciment au cours des quatre premiers mois de 2025 » souligne BAM. Pour les industries extractives, la valeur ajoutée a progressé de 6,5% au quatrième trimestre après 16,1% au même trimestre un an auparavant. Cette dynamique se serait également poursuivie au premier trimestre 2025, la production marchande de phosphate brut s’étant améliorée de 11,9%.

Concernant la branche Electricité, gaz, eau, assainissement et déchets, sa valeur ajoutée a marqué une hausse de 5,7% durant la période sous revue contre 3,6% un an auparavant. Selon BAM, cette évolution se serait maintenue au premier trimestre 2025, comme le montre l’accroissement de 5% de la production d’électricité. Par source, celle-ci a enregistré des augmentations de 66,5% pour l’hydraulique et de 7,4% pour le thermique et a accusé, en revanche, des contractions de 21,9% pour le solaire et de 2,5% pour l’éolien. En parallèle, la demande, appréhendée par les livraisons du réseau de transport, a augmenté de 12,5% et le solde des échanges extérieurs d’électricité est resté déficitaire de 407,2 GWh, les importations s’étant accrues de 2,1% contre une diminution de 20,2% des exportations.

Pour les activités d’hébergement et de restauration, les données de BAM indiquent que leur valeur ajoutée s’est améliorée de 12,8% au quatrième trimestre 2024 après 8,2% un an auparavant. Pour le premier trimestre 2025, les données disponibles indiquent une poursuite de cette dynamique avec des progressions à fin février de 24,3% pour les arrivées touristiques et de 15,6% pour les nuitées dans les établissements classés.

S’agissant des services de transport et d’entreposage, leur valeur ajoutée s’est accrue de 4,6% au quatrième trimestre après 5,3% la même période de l’année précédente. Selon les services de l’institut d’émission, cette tendance devrait se poursuivre, le trafic aérien de passagers ayant augmenté de 16,4% durant le premier trimestre.

Concernant la demande intérieure, sa contribution à la croissance est ressortie à 8,9 points de pourcentage, au lieu de 9,4 points une année auparavant, avec des hausses de 4,1% de la consommation finale des ménages, de 4,8% de celle des administrations publiques et de 15,3% de l’investissement. A l’inverse, les échanges extérieurs de biens et services en volume ont contribué négativement à la croissance à hauteur de -5,2 points de pourcentage, les exportations de biens et services en volume ayant progressé de 9,2% et les importations de 15,6%.

Sur le marché de travail, l’économie marocaine a connu, entre le premier trimestre de 2024 et la même période de 2025, une création de 282 mille emplois, après une perte de 80 mille un an auparavant. Hormis l’agriculture qui a accusé une perte de 72 mille emplois, les autres secteurs ont enregistré des créations s’élevant à 216 mille dans les services, à 83 000 dans l’industrie et à 52 000 dans le BTP. « Tenant compte d’une entrée nette de 266 000 demandeurs d’emplois, le taux d’activité est ressorti en progression de 0,3 point à 42,9% au niveau national, de 0,4 point à 41,5% en milieu urbain et stable à 45,6% dans les campagnes. Dans ces conditions, le taux de chômage a diminué de 13,7% à 13,3% au niveau national et de 17,6% à 16,6% dans les villes et a progressé de 6,8% à 7,3% dans les zones rurales. Pour les jeunes de 15 à 24 ans en particulier, il a poursuivi son accroissement avec une hausse de 1,8 point à 37,7% globalement et de 5,3 points à 25,5% dans les campagnes et un repli de 0,8 point à 46,9% dans les villes. Pour les diplômés, le taux de chômage a affiché une baisse de 0,9 point, revenant de 20,3% à 19,4%.

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