Grand reporter.
Désigné médiateur de l’Union africaine pour la crise persistante à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé a présidé, ce samedi à Lomé, la première réunion du panel des cofacilitateurs chargés de l’appuyer dans sa mission. Une étape préparatoire stratégique dans la mise en œuvre d’un processus régional élargi de paix. Selon un communiqué de la présidence togolaise, « ces discussions avec les éminents cofacilitateurs, porteurs d’espoir, ont permis d’harmoniser les perspectives et d’établir les fondements d’une coordination fluide et inclusive ». L’initiative vise à définir une feuille de route concertée pour relancer un dialogue crédible et multipartite.
La réunion de Lomé intervient après une série de consultations bilatérales engagées par le président Faure Gnassingbé avec les chefs d’État angolais João Lourenço, congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame. Ces premières prises de contact visaient à évaluer les positions des parties impliquées dans un conflit régional complexe mêlant groupes armés, rivalités transfrontalières et intérêts économiques divergents.
Le panel de cofacilitateurs, composé de figures africaines de premier plan, illustre l’ambition de bâtir une médiation à la fois inclusive et légitime. On y retrouve notamment l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, l’ex-président kényan Uhuru Kenyatta, la présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde et l’ancien chef d’État sud-africain Kgalema Motlanthe. Leur mission : accompagner le médiateur dans l’élaboration d’un processus de paix régional cohérent, en lien avec les initiatives de la SADC, de l’EAC et du mécanisme de Luanda.
Le processus mené par Faure Gnassingbé entend également intégrer les efforts déployés par des partenaires extérieurs comme les États-Unis, le Qatar et l’Union européenne. Dans cette perspective, les cofacilitateurs devront œuvrer à la complémentarité des médiations en cours, notamment celles portées par la CIRGL, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, et par l’EAC.
La convergence de ces initiatives, si elle est bien orchestrée, pourrait éviter la fragmentation diplomatique et renforcer la légitimité de la médiation congolaise. Une approche unifiée favoriserait l’ouverture de nouveaux canaux de discussion, tant au niveau régional qu’interne à la RDC, où les tensions intercommunautaires et les rivalités politiques minent toute tentative de stabilisation durable.
En accueillant cette première rencontre à Lomé, Faure Gnassingbé affirme sa volonté de placer le Togo au cœur des équilibres géopolitiques africains. Ce choix pourrait traduire une intention de structurer le processus de médiation autour d’un leadership africain assumé, à la fois neutre et expérimenté, face aux velléités d’ingérences ou de parallélisme diplomatique.
Cette posture, si elle se consolide dans les semaines à venir, pourrait faire du président togolais un acteur central dans la recherche d’une solution politique au conflit de l’Est congolais, tout en donnant une nouvelle impulsion au rôle de l’Union africaine comme garant de la paix sur le continent.




