Suite à la levée des sanctions contre le chef terroriste pour lequel les États-Unis avaient mis une récompense, sur injonction de l’Arabie Saoudite, le président américain Donald Trump s’est entretenu avec le président syrien Ahmed Al-Shara à Riyad, en présence du Prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. « Un nouveau départ dans les relations » entre les deux pays, d’après Donald Trump.
C’est une véritable onde de choc qui résonne dans l’espace des relations internationales, où les principes et valeurs souvent prônés par les puissances mondiales sont bouleversés pour des raisons de géostratégie. La dynamique au Moyen-Orient, qui s’est intensifiée à Damas (Syrie) suite à la chute de Bachar al-Assad, illustre combien des puissances adverses peuvent s’allier pour réaliser leurs objectifs, malgré leurs différences d’intérêts.
En effet, l’Arabie saoudite qui chercherait à se repositionner comme un médiateur régional ou à renforcer son influence sur le dossier syrien joue sa partition face au premier parrain visible de Al Nostra à savoir le président Turc Erdogan. Donald Trump, le président des États-Unis, pourrait tenter pour sa part de rester un acteur influent dans les relations internationales, ou capitaliser politiquement sur une action perçue comme diplomatique.
L’ancien chef terroriste devenu président de la Syrie, Ahmed al-Charaa, pourrait chercher quant à lui à obtenir une forme de reconnaissance internationale ou à légitimer un pouvoir contesté, notamment après ses derniers déplacements diplomatiques à Paris et à Ankara.
En rappel, l’ancien chef rebelle a été nommé président par intérim de la Syrie, près de deux mois après que son groupe a contribué à renverser le dictateur Bachar al-Assad. Ahmed al-Charaa, dont l’organisation Hayat Tahrir al-Cham (HTC) était autrefois affiliée à Al-Qaïda, dirige le pays depuis que les forces de l’opposition ont déferlé sur Damas le 8 décembre, à la suite d’une offensive surprise qui a duré moins de deux semaines.
L’expression « Le monde est gouverné par les intérêts et non par les principes et les valeurs » reflète une perception pragmatique, voire cynique, des relations humaines, politiques et économiques. Cette idée trouve son illustration dans le jeu diplomatique actuel à Ryad entre Washington et Damas, sous l’égide de l’Arabie Saoudite qui a annoncé son intention d’investir plus de 600 milliards de dollars aux États-Unis.



