Le programme de Facilité élargie de crédit (FEC) signé entre le Malawi et le Fonds monétaire international (FMI) en novembre 2023 a été interrompu prématurément, après le décaissement de seulement 35 millions de dollars sur les 175 millions initialement prévus. L’annonce a été faite par l’institution dans un communiqué publié ce mercredi 14 mai.
Destiné à soutenir les efforts du pays pour restaurer la stabilité macroéconomique, relancer la croissance et réduire la pauvreté, le programme s’étendait sur une durée de quatre ans. Toutefois, sa mise en œuvre s’est révélée particulièrement difficile. Le FMI relève que le cadre macroéconomique n’a pas pu être stabilisé, en grande partie à cause d’une discipline budgétaire insuffisante, de fortes pressions sur les dépenses publiques et d’une mobilisation des recettes trop limitée.
L’institution note également que la reconstitution des réserves de change s’est heurtée à des obstacles majeurs, notamment en raison du système de change en vigueur. Par ailleurs, les discussions autour de la restructuration de la dette extérieure du pays n’ont pas encore abouti, ce qui compromet les perspectives de viabilité de la dette à moyen terme.
Cette fin abrupte du programme intervient alors que le Malawi traverse une situation économique critique. L’inflation dépasse les 30 %, les réserves en devises sont au plus bas, et l’insécurité alimentaire s’aggrave sous l’effet de plusieurs chocs climatiques. En novembre 2023, la Banque centrale avait procédé à une dévaluation de plus 40 % du kwacha, sa monnaie nationale, à la demande du FMI, sans que cette mesure n’ait permis d’atteindre les résultats attendus.
Dans ses recommandations, le FMI a exhorté les autorités malawites à mettre en œuvre un ensemble de politiques visant à restaurer la stabilité macroéconomique. Cela inclut le renforcement de la discipline budgétaire à travers une mobilisation accrue des recettes et une meilleure gestion des finances publiques, la reconstitution des réserves internationales, l’adoption d’un régime de change plus flexible, l’achèvement du processus de restructuration de la dette commerciale extérieure, ainsi que des réformes structurelles pour améliorer la gouvernance, stimuler la productivité et diversifier les exportations.
Le ministère des Finances a indiqué vouloir « renouer le dialogue avec le FMI sur de nouvelles bases », sans préciser de calendrier. En attendant, les perspectives économiques restent incertaines, alors que le pays fait face à d’importants besoins de financement pour son budget 2025.
