Mardi 15 septembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

Le FMI conclut un accord préliminaire avec la RDC dans le cadre de la première revue du programme FEC

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé avoir conclu un accord au niveau des services avec la République démocratique du Congo, dans le cadre de la première revue de son programme économique soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). Cet accord reste soumis à l’approbation de la direction générale et du Conseil d’administration du…

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé avoir conclu un accord au niveau des services avec la République démocratique du Congo, dans le cadre de la première revue de son programme économique soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). Cet accord reste soumis à l’approbation de la direction générale et du Conseil d’administration du FMI, dont l’examen est prévu pour la fin juin 2025. Selon un communiqué publié ce mardi 11 mai.

L’accord a été obtenu à l’issue d’une mission du FMI conduite à Kinshasa par Calixte Ahokpossi, chef de mission pour la RDC. Les discussions ont porté sur l’évaluation des progrès réalisés dans la mise en œuvre du programme FEC, ainsi que sur les ajustements nécessaires dans un contexte économique et sécuritaire en mutation.

Malgré une croissance robuste du PIB, estimée à 6,5 % en 2024, la RDC fait face à d’importants défis, notamment en raison de l’intensification du conflit armé dans l’Est du pays. Cette crise persistante a engendré une grave situation humanitaire et mis sous pression les finances publiques, notamment à travers l’augmentation des dépenses de sécurité.

Sur le plan monétaire, la situation s’est améliorée : la stabilisation du taux de change depuis mi-2024, combinée à une politique monétaire plus rigoureuse, a permis de freiner l’inflation, qui est retombée à un chiffre en glissement annuel en avril 2025, une première depuis juillet 2022.

Les dépenses exceptionnelles liées à la sécurité nationale et aux transferts vers les provinces ont contribué à aggraver le déficit budgétaire en 2024. Pour 2025, la situation reste délicate : les exonérations fiscales sur les produits de base (TVA, droits de douane) et la fermeture des bureaux de perception dans l’Est du pays compliquent davantage la mobilisation des recettes.

Face à ces contraintes, le gouvernement congolais a réaffirmé son attachement aux objectifs du programme FEC, tout en recalibrant certaines priorités afin de mieux tenir compte des réalités économiques et sécuritaires actuelles. Les mesures prévues incluent, notamment, la rationalisation des dépenses non prioritaires, notamment par la réduction du train de vie de l’État, l’amélioration de la mobilisation des recettes fiscales, via la lutte contre la fraude et une réforme de la TVA, et la recherche de financements concessionnels supplémentaires, notamment auprès de la Banque mondiale.

Par ailleurs, le FMI a salué les avancées notables réalisées par les autorités congolaises, notamment, la modernisation de la gestion des finances publiques (mise en œuvre du Compte unique du Trésor, déconcentration de l’ordonnancement des dépenses), les efforts en matière de transparence dans le secteur extractif et de lutte contre la corruption, ainsi que l’avancement des réformes climatiques dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).

La conclusion de l’accord dépendra de son approbation formelle par le Conseil d’administration du FMI. Dans cette perspective, le FMI exhorte les autorités congolaises à adopter des mesures crédibles en matière de mobilisation des recettes et de gestion efficace des dépenses. Une accélération des réformes structurelles est également jugée essentielle pour préserver les objectifs du programme recalibré, en particulier face à l’aggravation du conflit à l’Est du pays.

Partager :f????in

Financial Afrik Premium

Lisez la finance africaine comme un professionnel

Accès illimité à 30 000 articles, archives 2013-2026, magazine PDF mensuel, alertes mots-clés, base de données dirigeants et newsletters premium.

à partir de 9 € / mois · sans engagement