Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’Angola en 2025, les ramenant à 2,4 %, contre un taux de 3 % initialement estimé. Cette révision intervient à l’issue d’une mission d’évaluation menée à Luanda, et s’explique par la baisse des prix du pétrole ainsi que par le durcissement des conditions de financement sur les marchés internationaux.
Dans son communiqué, l’institution avertit que cette révision pourrait également compromettre les performances budgétaires du pays. Ces conclusions préliminaires seront examinées par le conseil d’administration du FMI en juillet prochain. Malgré ces perspectives plus sombres, le Fonds s’est déclaré rassuré par l’engagement des autorités angolaises à contenir les risques émergents et à mettre en œuvre des mesures d’atténuation.
Cette mission entrait dans le cadre d’une évaluation post-financement, un exercice réservé aux pays dont l’encours de crédit auprès du FMI dépasse leur quote-part, sans être actuellement couverts par un programme formel ou un suivi renforcé.
Dépendante à plus de 90 % de ses exportations pétrolières, l’Angola reste vulnérable aux fluctuations des cours du brut et aux baisses occasionnelles de production, ce qui exerce une pression constante sur ses réserves en devises étrangères. Dans ce contexte économique instable, mêlant réformes structurelles, incertitudes mondiales et défis socio-économiques internes, le pays a contracté un prêt d’un milliard de dollars auprès de JPMorgan. Ce financement, obtenu à un taux d’intérêt avoisinant les 9 %, a récemment fait l’objet d’un appel de marge de 200 millions de dollars, à la suite d’une vague de ventes liée aux tensions commerciales provoquées par les droits de douane américains, selon le ministère angolais des Finances.
S’il offre un répit financier à court terme, ce recours à l’endettement accentue la pression sur les finances publiques. À long terme, la viabilité économique de l’Angola dépendra de sa capacité à diversifier son économie et à maîtriser le recours aux financements extérieurs.
