Le Forum bancaire d’Afrique australe 2025, tenu à Port-Louis (Maurice) les 8 et 9 mai 2025, et coorganisé par le groupe Trade and Development Bank (TDB) et la Banque européenne d’investissement (BEI), a mis en lumière une nouvelle ère de transformation du financement en Afrique. Cette édition a été l’occasion pour les organisateurs de souligner que l’innovation financière et les partenariats stratégiques sont aujourd’hui les piliers d’un système bancaire plus résilient, inclusif et tourné vers le climat.
Sous le thème « Connections for Growth », le forum a mis en évidence une tendance forte : la nécessité d’un changement structurel dans la manière de financer le développement, notamment à travers des approches hybrides, des mécanismes de financement mixte, et une ouverture renforcée aux capitaux non traditionnels.
« Il faut sortir des schémas classiques. Le capital-risque, les financements verts et les solutions basées sur le marché sont désormais incontournables pour donner corps aux projets transformateurs », a affirmé Admassu Tadesse, Président du groupe TDB.
Les discussions ont principalement porté sur la richesse minérale de l’Afrique australe (lithium, cobalt, manganèse, nickel, etc.), considérée comme un levier stratégique dans le contexte de la transition énergétique mondiale.
Le forum a mis l’accent sur la nécessité de structurer des chaînes de valeur locales, intégrant transformation, logistique et création d’emplois. Les banques de développement, à l’instar du groupe TDB, sont appelées à jouer un rôle de catalyseur en appuyant des projets miniers durables, avec des standards environnementaux stricts.
« Les banques doivent accompagner le virage structurel des économies africaines. Cela passe par une capacité à s’adapter rapidement aux nouvelles attentes : climat, inclusion, digital », a souligné Ambroise Fayolle, Vice-président de la BEI.
Verdir les portefeuilles africains
Le financement climatique a également occupé une place centrale dans les échanges, avec un consensus sur l’urgence d’aligner les flux financiers sur les objectifs de durabilité. L’adaptation du système bancaire africain à la finance verte reste, selon les différents panélistes, un impératif pour garantir une croissance résiliente face aux chocs climatiques.
Des instruments innovants tels que les obligations vertes, les fonds climat ou encore les garanties partielles de crédit ont été présentés comme des leviers d’impact. La BEI, forte de son mandat climatique au sein de l’UE, a réaffirmé sa volonté d’accompagner les institutions africaines dans cette transformation, en soutenant la formation, la structuration des projets et la mise en œuvre des standards ESG.
