Dans une analyse de la situation de la dette publique du Cameroun rendue publique le 9 mai 2025, l’agence de notation américaine Fitch Ratings a confirmé « la note de défaut d’émetteur (IDR) à long terme en monnaie étrangère du Cameroun à « B » avec une perspective négative ». Dans un contexte où le pays progresse vers une dette publique soutenable, grâce à une croissance économique projetée à 3,9% en 2025 et 4,1% en 2026 le maintien de sa note, Fitch Ratings indique que « les notations du Cameroun sont soutenues par une croissance résiliente du Produit intérieur brut (PIB), un calendrier d’échéance de la dette gérable et nos attentes selon lesquelles les niveaux modérés de la dette seront soutenus par la mobilisation des recettes non pétrolières et la restriction des dépenses ».
En effet, selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA), en mars 2025, l’encours de la dette publique s’élevait à 14.442 milliards de FCFA, soit 44,7% du PIB, en hausse de 5,7 % en glissement annuel. Elle reste cependant en deçà du seuil de tolérance fixé à 50% par la Stratégie d’endettement à moyen terme.
Dans son analyse, cette agence de notation relève cependant que « ces éléments sont contrebalancés par un faible PIB par habitant, des indicateurs de gouvernance médiocres et des problèmes de sécurité persistants ». Bien plus, soutient-elle, « les perspectives négatives reflètent les risques politiques liés aux problèmes de succession potentiels et les faiblesses structurelles de la gestion des finances publiques, mises en évidence par une mauvaise gestion des liquidités, des paiements tardifs de la dette extérieure et l’accumulation d’arriérés intérieurs ».
En ce qui concerne ces arriérés intérieurs, Fitch Ratings reconnait les progrès réalisés par les autorités camerounaises pour les réduire. Ainsi, en 2024, en utilisant un prêt Afreximbank, soit 0,5% du PIB, et des emprunts commerciaux extérieurs (1,9 % du PIB en 2024, contre 0,1 % en 2023), les autorités camerounaises sont parvenues à réduire ces arriérés intérieurs de 732 milliards de FCFA (2,3 % du PIB). Par ailleurs, soutient l’agence de notation, « les besoins de financement du Cameroun seront couverts par le programme du Fonds monétaire international (FMI), qui se termine en juin 2025, et par le soutien des créanciers officiels lié à l’achèvement des examens (y compris le prêt de la Banque mondiale) ».
Pour rappel, il y a un an, précisément le 17 mai 2024, l’agence américaine de notation Fitch Ratings a reconduisait la notation de crédit « B » du Cameroun avec une perspective négative. Elle expliquait déjà que « la conservation de cette note traduit une croissance résiliente du PIB, un déficit budgétaire faible et un ralentissement du niveau d’endettement du pays ». Et assurait également que « la croissance du pays sera boostée par les secteurs non pétroliers, notamment l’agriculture, la foresterie et les infrastructures de transport et d’énergie ».
