L’agence Fitch Ratings a confirmé que l’échange de dette opéré récemment par le Gabon sur le marché régional ne constitue pas un défaut de paiement, ni un échange en difficulté selon ses critères. Cette opération a permis d’alléger les échéances de remboursement du pays de 1,4 % du PIB en 2025 et de 0,8 % en 2026, selon un rapport publié ce jeudi 8 mai.
En janvier 2025, Fitch avait dégradé la note souveraine du Gabon à ‘CCC’, invoquant des pressions croissantes sur la liquidité. Toutefois, l’agence souligne que l’opération de swap ne visait pas à éviter un défaut de manière classique, son impact étant jugé limité au regard des besoins de financement globaux du pays. En parallèle, le Gabon a levé des fonds en février sur le marché américain par le biais d’un placement privé de dette, avec un taux record de 12,7 %, le plus élevé jamais observé pour une euro-obligation émise par un pays africain. Fitch avertit cependant que le maintien du prix du baril de Brent autour de 65 dollars — en dessous du seuil de rentabilité budgétaire du pays, estimé à 85 dollars — pourrait accentuer le déficit public.
Le 28 avril, les autorités gabonaises ont annoncé qu’une dizaine d’institutions financières avaient accepté de reporter l’échéance de 592 milliards de francs CFA (environ 1,03 milliard de dollars) de titres du Trésor. Fitch anticipe un possible retour du Gabon dans un programme du FMI après les élections présidentielles de 2025. Néanmoins, l’agence reste prudente, notant les difficultés récurrentes du pays à mobiliser les financements extérieurs prévus.
