Le République démocratique du Congo et le Rwanda ont présenté un projet de proposition de paix dans le cadre d’une initiative visant à mettre un terme aux affrontements persistants dans l’est congolais et à attirer des investissements occidentaux de plusieurs milliards de dollars. L’annonce a été faite ce lundi 5 mai par Massad Boulos, conseiller principal de Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient.
Cette démarche s’inscrit dans une tentative ambitieuse de l’administration Trump de résoudre un conflit qui perdure depuis des décennies dans une région stratégique, riche en ressources telles que le tantale, l’or, le cobalt, le cuivre et le lithium.
Le mois dernier, les ministres des Affaires étrangères des deux pays s’étaient engagés, lors d’une cérémonie organisée à Washington en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio, à soumettre ce projet d’ici le 2 mai. Toutefois, ni Kinshasa ni Kigali n’avait encore officialisé cette soumission. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a indiqué sur le réseau social X, le 3 mai, que les contributions des deux parties « n’ont pas encore été consolidées ».
En revanche, Massad Boulos a déclaré ce lundi sur X qu’il saluait « le projet de texte sur une proposition de paix reçu de la RDC et du Rwanda », qualifiant cette étape de « significative » dans le chemin vers la paix.
Selon Washington, le secrétaire d’État américain devrait rencontrer à la mi-mai ses homologues congolais et rwandais pour finaliser un projet d’accord de paix. Avant sa signature, le Rwanda et le Congo devront conclure des accords économiques bilatéraux avec les États-Unis. Ces derniers permettraient à des entreprises américaines et occidentales d’investir massivement dans les secteurs miniers de la RDC, ainsi que dans des projets d’infrastructure minière au Rwanda, incluant le traitement local des minerais. L’objectif est de signer ces trois accords politique et économiques d’ici deux mois, lors d’une cérémonie en présence de Donald Trump.
Les violences se poursuivent
Malgré cette offensive diplomatique, les violences se poursuivent dans l’est de la RDC. Samedi, Mak Hazukay, porte-parole de l’armée congolaise, a accusé les rebelles du M23 d’avoir pris la ville de Lunyasenge, sur les rives du lac Édouard. Il a précisé que le Congo « se réserve le droit de riposter ».
Par ailleurs, les Nations Unies et plusieurs pays occidentaux accusent le Rwanda de soutenir le M23 en lui fournissant armes et troupes. Kigali rejette ces accusations et affirme que ses forces armées sont intervenues en légitime défense contre l’armée congolaise et une milice liée aux auteurs du génocide de 1994.
En parallèle, le gouvernement congolais poursuit des discussions distinctes avec le M23 sous médiation qatarie. Le mois dernier, Kinshasa et les rebelles ont accepté de travailler à une résolution pacifique du conflit, bien que des membres des deux délégations aient fait part de leur frustration face à la lenteur des pourparlers.
