La Banque mondiale n’entend pas poursuivre ses décaissements en faveur de la République centrafricaine (RCA) tant qu’elle n’observe pas la fin des lourdeurs administratives qui plombent l’exécution des projets qu’elle finance dans ce pays. Telle est la substance du message transmis par le représentant de l’institution financière mondiale, Guido Rurangwa, aux ministres centrafricains des Finances, Hervé Ndoba, et de l’Économie, Richard Filakota au cours d’une rencontre tenue avec l’équipe de la Banque mondiale en charge du portefeuille national en marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale qui se sont déroulées du 21 au 26 avril 2025 à Washington.
En effet, selon les autorités centrafricaines, la Banque mondiale finance 17 projets à hauteur de 695 milliards de FCFA (1,2 milliard USD). Outre les lourdeurs administratives évoquées supra pour justifier les faibles taux d’exécution, le gouvernement centrafricain pointe du doigt « des faiblesses dans la passation des marchés et le recrutement du personnel, et un manque de coordination entre les parties prenantes ». Pour y remédier, la Banque mondiale prescrit le bouclage dans les délais des projets qu’elle finance en RCA. Côté centrafricain, promesse a été faite « d’accélérer les procédures et de renforcer la collaboration avec les bailleurs ».
Pour rappel, ce n’est pas la première fois que la Banque mondiale fustige la sous-consommation des crédits en RCA. En effet, l’on se souvient que le 17 juillet 2024, Richard Filakota avait réuni à Bangui les acteurs des projets financés par la Banque mondiale pour une revue du portefeuille. Au cours de cette rencontre, l’on avait observé « le niveau alarmant des soldes engagés non décaissés (Send’s), résultant d’un taux élevé de projets contre-performants et d’une absorption budgétaire limitée ».
Et ce n’est pas seulement les projets de la Banque mondiale qui souffrent de cette tare. L’on se rappelle qu’en juillet 2024, la Banque africaine de développement (BAD) avait commis une mission d’évaluation à Bangui qui avait confirmé « une faible capacité d’absorption des fonds, atteignant à peine plus de 60% des montants alloués ».
