Kouamé Augustin, directeur des affaires civiles et pénales du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire, a déclaré, en conférence de presse ce lundi 28 avril, que Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), « n’a jamais été apatride et n’est pas apatride ». Ce, dans un contexte marqué par la décision de la justice ivoire de ne pas l’inscrire sur la liste électorale, l’excluant de facto de la course à la présidence de la République.
S’exprimant sur le thème : « Attribution et perte de la nationalité Ivoirienne d’origine : Quelles réalités ? », le magistrat Hors Hiérarchie a, dans un long exposé, expliqué que Tidjane Thiam, par sa naturalisation en mars 1987, était devenu Français et qu’il s’est libéré de son allégeance française depuis le 19 mars 2025. « Par cette libération de son allégeance à un pays étranger, M. Thiam qui était ivoirien par sa naissance, par le droit du sang, retrouve automatiquement sa nationalité ivoirienne qu’il avait volontairement mise en hibernation, en dormance », indique le Magistrat.
Lors de l’audience du 22 avril dernier, les avocats de Tidjane Thiam, Me Dadjé Rodrique et Me Suy Bi Gooré ont, dans leur plaidoirie, signifié que l’article 48 de la nationalité constituerait une violation du principe constitutionnel d’égalité devant la loi. « L’application de l’article 48 de la nationalité conduirait à le rendre apatride en violation des engagements internationaux de la Côte d’Ivoire…Tidjane Thiam est né Français, car à sa naissance, son père Amadou Thiam n’avait que la nationalité française et il a été déclaré comme tel dans le registre d’Etat civil Européen », affirment les avocats de la défense.
« Les preuves non rapportées » de la nationalité française du père de Thiam
Mais selon le directeur des Affaires civiles et pénales, les avocats de l’ex-patron du Crédit Suisse avaient évoqué sa binationalité pour être né d’un père français et d’une mère ivoirienne. Et d’ajouer qu’il incombe, dès lors, à ses conseils d’administrer la preuve de leurs allégations. « C’est-à dire prouver comme ils le soutenaient, que M. Thiam était né d’un père français et d’une mère ivoirienne. Ils n’ont pas pu rapporter cette preuve… Ils n’ont pas pu , en dehors de ces déclarations, établir la nationalité française dont aurait joui son père à un moment donné de son existence ».
Le juriste a par ailleurs soutenu que concernant la radiation de la liste électorale de Tidjane Thiam , la présidente du Tribunal de première Instance d’Abidjan s’est fondée sur sa nationalité française au moment de l’inscription de Tidjane Thiam sur la liste électorale.
« La loi détermine quels individus ont à leur naissance la nationalité ivoirienne à titre de nationalité d’origine. La nationalité ivoirienne s’acquiert ou se perd après la naissance par l’effet de la loi ou par une décision de l’autorité publique prise dans les conditions fixées par la loi », a expliqué Augustin Kouamé.
Réaction du PDCI
En conférence de presse également dans l’après-midi de ce lundi 28 mai, le PDCI-RDA a contesté le verdict et exige un audit de la liste électorale. « Pour le PDCI-RDA, la nationalité exclusivement ivoirienne ne souffre plus d’aucun doute. Son maintien sur la liste électorale est non négociable. Il n’y a ni plan B, ni plan C à Z », a indiqué le porte-parole du parti, Soumaïla Brédoumy. Selon ce dernier, l’éligibilité du successeur de Feu Hhenri Konan Bédié « n’est qu’un faux prétexte pour conserver le pouvoir d’Etat ».
