L’Africa Investment Forum (AIF) prépare une nouvelle édition ambitieuse en 2025 selon le briefing tenu par la plateforme le 23 avril 2025 à Washington en marge des printemps du FMI et de la Banque Mondiale . L’événement, qui avait mobilisé 29,2 milliards de dollars d’intentions d’investissement lors de sa dernière édition organisée au Maroc et réuni 2 300 participants issus de 83 pays, continue de séduire sur le papier. Pourtant, seulement 22 projets ont été effectivement bouclés depuis sa création en 2018, alors même que les intentions cumulées dépassent 225 milliards de dollars.
Les neuf partenaires fondateurs – BAD, Afreximbank, Africa50, Africa Finance Corporation, DBSA, BADEA, la Banque islamique de développement, la Banque européenne d’investissement et la TDB – ont salué les avancées du Forum. Toutefois, tous s’accordent à reconnaître que le passage des intentions à la concrétisation reste le maillon faible du dispositif. Avocat de l’AIF, Dr Akinwumi Adesina, président de la BAD et du Forum, a réaffirmé la vocation de la plateforme à faire de l’Afrique une destination d’investissement crédible : « L’Afrique ne se développera pas grâce à l’aide, mais par l’investissement. » Un message fort, à l’image de l’homme, qui s’apprête à quitter ses fonctions en septembre prochain.
En coulisses, l’avenir du Forum reste toutefois incertain. Ancienne directrice principale de l’AIF, la Nigériane Chinelo Anohu a quitté l’institution en toute discrétion il y a quelques mois, sans qu’aucune communication officielle n’ait été émise par la Banque africaine de développement. Ce départ silencieux alimente les spéculations sur l’avenir du Forum, d’autant plus que son leadership avait contribué à lui donner une visibilité internationale dans ses premières années. Pour le moins, le départ imminent d’Adesina soulève des questions sur la continuité de l’initiative et conditionne l’avenir de la plateforme à sa concordance avec la vision du prochain président de la BAD. Désormais privé de son leadership visible, l’AIF devra convaincre les administrateurs de la BAD de sa pertinence stratégique pour poursuivre l’aventure au-delà des belles intentions.




