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Autosuffisance alimentaire de l’Afrique: de la Déclaration de Kampala …

Alors que le Secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, a dénoncé l’échec du Consensus de Washington et une dette africaine devenue insoutenable (plus de 1 000 milliards de dollars), la tentation de repli productif peut paraître séduisante. Pourtant, les expériences passées rappellent que l’autosuffisance rigide engendre inefficience, inflation et vulnérabilité aux chocs climatiques. La…

Alors que le Secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, a dénoncé l’échec du Consensus de Washington et une dette africaine devenue insoutenable (plus de 1 000 milliards de dollars), la tentation de repli productif peut paraître séduisante. Pourtant, les expériences passées rappellent que l’autosuffisance rigide engendre inefficience, inflation et vulnérabilité aux chocs climatiques. 

La Déclaration de Kampala, adoptée le 11 avril 2025  à l’issue du 11e Forum régional africain sur le développement durable, appelle les pays du continent à recentrer leurs efforts sur la transformation locale et le commerce intra-africain pour faire face aux défis mondiaux. Portée par une volonté d’émancipation économique, cette orientation relance la question de l’autosuffisance alimentaire comme solution stratégique. 

Mais cette quête, souvent associée à des politiques protectionnistes (subventions, barrières douanières), peut-elle réellement constituer un levier efficace dans un monde interconnecté ?

Alors que le Secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, a dénoncé l’échec du Consensus de Washington et une dette africaine devenue insoutenable (plus de 1 000 milliards de dollars), la tentation de repli productif peut paraître séduisante. Pourtant, les expériences passées rappellent que l’autosuffisance rigide engendre inefficience, inflation et vulnérabilité aux chocs climatiques. À l’inverse, miser sur les avantages comparatifs – en s’appuyant sur la spécialisation agricole et industrielle des pays africains – favoriserait une intégration régionale productive et plus durable.

C’est là que réside la nuance essentielle : le véritable objectif ne doit pas être une autonomie illusoire, mais une sécurité alimentaire fondée sur la disponibilité, l’accessibilité, la stabilité et la qualité des approvisionnements. Comme l’a rappelé Leonard Zulu, représentant de l’ONU en Ouganda, cette transformation passe par des investissements ciblés dans les infrastructures, l’énergie, l’innovation, ainsi qu’un changement profond de mentalité. L’Afrique doit cesser d’exporter ses emplois avec ses matières premières et miser sur une valeur ajoutée intentionnelle.

La Déclaration de Kampala offre une vision audacieuse, mais elle ne sera pertinente que si elle s’inscrit dans une stratégie collective, orientée vers une souveraineté alimentaire partagée, une coopération régionale renforcée et un leadership africain affirmé sur la scène mondiale. Le Graal n’est pas l’autosuffisance, mais une sécurité alimentaire intégrée, résiliente et inclusive.

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