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RDC : l’ancien président Joseph Kabila visé par la justice, son parti suspendu et ses biens saisis

Nouvelle secousse politique majeure en République démocratique du Congo (RDC). À peine rentré d’exil, l’ancien président Joseph Kabila est désormais officiellement poursuivi par la justice congolaise. Son parti politique, le PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie), a été suspendu, et ses biens saisis sur ordre du gouvernement. L’annonce a été faite…

Joseph Kabila et son successeur Felix Tshisekedi. Janvier 2019

Nouvelle secousse politique majeure en République démocratique du Congo (RDC). À peine rentré d’exil, l’ancien président Joseph Kabila est désormais officiellement poursuivi par la justice congolaise. Son parti politique, le PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie), a été suspendu, et ses biens saisis sur ordre du gouvernement.

L’annonce a été faite par le ministre de la Justice, Constant Mutamba, qui a affirmé avoir donné instruction au procureur général près la Cour de cassation ainsi qu’à l’auditeur général des Forces armées d’engager des poursuites pour “haute trahison”. Joseph Kabila et plusieurs de ses proches sont accusés de participation directe à “l’agression rwandaise” via le mouvement rebelle M23/AFC, qui contrôle depuis fin janvier la ville de Goma, dans l’est du pays.

Dans son communiqué, le ministre de la Justice a également ordonné la saisie des biens mobiliers et immobiliers de l’ancien chef de l’État. Par ailleurs, des restrictions de déplacement ont été imposées à plusieurs cadres du PPRD, accusés d’être impliqués dans cette affaire qualifiée de « complot contre la République ».

En parallèle, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a suspendu toutes les activités du parti, évoquant l’“activisme avéré” de Joseph Kabila dans le conflit à l’Est, ainsi que le “silence complice” de sa formation politique face aux violences.

Joseph Kabila est rentré vendredi dernier par Goma, la principale ville de l’Est tombée sous le contrôle du M23, désormais allié à Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Ce dernier avait proclamé la victoire de Félix Tshisekedi en 2018, avant de la contester publiquement après la prise de Goma par les rebelles.

Silencieux depuis son retour, M. Kabila n’a pas encore réagi officiellement aux accusations. Toutefois, son conseiller diplomatique Barnabé Kikaya a annoncé un discours imminent de l’ancien président, qualifié de “déclaration qui fera date”.

Ces événements interviennent dans un climat déjà fragile, sur fond de tensions militaires à l’Est, d’incertitudes institutionnelles, et de lutte pour le contrôle du pouvoir. La poursuite d’un ancien président pour haute trahison représente un tournant inédit dans l’histoire politique du pays.

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