La Banque centrale du Kenya (CBK) a levé un moratoire en vigueur depuis dix ans sur l’octroi de nouvelles licences pour les banques commerciales dans le pays. Le régulateur estime que l’environnement juridique et réglementaire s’est suffisamment renforcé depuis la mise en place du moratoire en 2015.
Cette décision met fin au gel des autorisations, instauré en novembre 2015, après la faillite de deux établissements financiers, à savoir Dubai Bank Kenya et Imperial Bank. Cette situation avait profondément ébranlé la confiance dans le système bancaire kényan.
Pour rappel, Dubai Bank Kenya avait été liquidée en août 2015 en raison de son insolvabilité et d’une mauvaise gestion, tandis qu’Imperial Bank avait été placée sous administration en octobre après la révélation d’une fraude massive impliquant sa direction.
Dans un communiqué publié le 16 avril, la CBK souligne que des progrès significatifs ont été réalisés dans le renforcement du cadre juridique et réglementaire du secteur bancaire national.
« Suite à la levée du moratoire, les nouveaux entrants dans le secteur bancaire kenyan devront démontrer qu’ils peuvent répondre aux exigences minimales de capital renforcées de 10 milliards de shillings », a déclaré la banque.
À noter que la loi de 2024 sur les lois commerciales a relevé le capital de base minimum des banques de 1 milliard à 10 milliards de shillings kényans (soit de 7,7 millions à 76,9 millions USD), à atteindre progressivement d’ici 2029. Les banques devront disposer d’au moins 3 milliards de shillings (23,1 millions USD) d’ici la fin 2025, de 5 milliards (38,5 millions USD) en 2026, de 7 milliards (53,8 millions USD) en 2027, de 8 milliards (61,5 millions USD) en 2028, et atteindre le seuil final de 10 milliards de shillings (76,9 millions USD) d’ici décembre 2029.
Selon la CBK, la levée de l’interdiction devrait attirer les investisseurs locaux et internationaux intéressés par l’établissement de nouvelles banques au Kenya. L’institution note que des banques plus fortes et plus résilientes sont essentielles pour faire face aux risques croissants à l’échelle mondiale, régionale et nationale.
Pendant le moratoire, le nombre de banques au Kenya est passé de 44 à 38, principalement en raison de fusions et d’acquisitions. Parmi les transactions notables, citons l’acquisition de la National Bank of Kenya par KCB Group (qui a depuis été reprise par la nigériane Access Bank) et la prise de contrôle de Spire Bank par Equity Group.
