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Cameroun : 1,2 milliard USD du Compte unique du Trésor en souffrance dans les banques

Selon des chiffres communiqués par la cheffe de la division de la Réforme budgétaire au ministère des Finances (Minfi) et coordonnatrice de la 3ème phase du Projet d’appui à la gouvernance financière (PAGFI III), Sophie Boumsong, au Cameroun, à date, environ 148 comptes publics, répartis dans 16 banques commerciales, concentrent plus de 711 milliards de…

Selon des chiffres communiqués par la cheffe de la division de la Réforme budgétaire au ministère des Finances (Minfi) et coordonnatrice de la 3ème phase du Projet d’appui à la gouvernance financière (PAGFI III), Sophie Boumsong, au Cameroun, à date, environ 148 comptes publics, répartis dans 16 banques commerciales, concentrent plus de 711 milliards de FCFA (1,2 milliard USD) d’argent public. Lors du colloque international sur la gestion de la dette publique des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), tenu à Yaoundé, au Cameroun, les 10 et 11 avril 2025, la coordinatrice du PAGFI III révèle que ce volume de dépôts proviennent pour l’essentiel de l’administration centrale et des établissements publics, non compris des financements extérieurs.

Dans le détail, la Direction générale du Trésor, de la coopération financière et monéaire du Minfi indique qu’à fin 2023, l’on retrouvait dans les caisses de la Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (BICEC) un encours de 20 milliards de FCFA (34 millions USD) déposés par 25 comptes. Dans le même temps, 255 milliards de FCFA (433 millions USD) issis de 14 comptes dormaient à AFG Bank Cameroun (ex-Atlantique Banque Cameroun), tandis que les coffres-forts d’UBA conservaient 135 milliards de FCFA (230 millions USD) logés dans 8 comptes. Enfin, issus de 21 comptes, 43 milliards de FCFA (73 millions USD) étaient recensés à la SCB.

La rétention de ces montants par les banques commerciales sont observées alors que, depuis juillet 2018, le gouvernement camerounais a adopté une réforme budgétaire sur l’unicité de caisse avec la centralisation. Ce qui induit depuis lors des encaissements et la décentralisation des décaissements. A la suite de cette réforme, le PAGFI avait été chargé de rapatrier ces fonds vers le Compte unique du Trésor, logé à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).

Seulement, l’on constate que des établissements publics s’opposent à cette centralisation. Ce qui se traduit alors par ces montants qui dorment dans les coffres-forts de leurs banques, une attitude qui constitue un obstacle au processus de rapatriement de ces fonds.

Le gouvernement, qui s’offusque de cette opposition, indique que le Compte unique du Trésor a été créé pour une meilleure gestion des dépenses publiques à l’échelle nationale. L’Etat s’attendait à ce que ce compte contribue également à renforcer la crédibilité de la signature de l’État sur les marchés financiers et à harmoniser les délais de paiement autour de trois mois. Au Minfi, l’on attribue d’ailleurs les retards de paiement des prestations de l’État à l’insuffisance de liquidités dans le Compte unique du Trésor.

Alors qu’à fin 2023, 711 milliards de FCFA dormaient dans les banques commerciales, et que les restes à payer de l’État atteignaient 387 milliards de FCFA (657 millions USD), le gouvernement camerounais sollicitait le marché monétaire. Ainsi, renseigne le Minfi, à fin 2024, le Cameroun avait émis pour 252 milliards de FCFA (428 millions USD) d’Obligations assimilables du Trésor et 637 milliards de FCFA (1,08 milliards USD) de Bons du Trésor assimilables pour des intérêts générés à hauteur de 38 milliards de FCFA (65 millions USD).

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