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L’UE suspend son soutien à la dette du Zimbabwe après l’adoption d’une loi jugée « draconienne »

L’Union européenne a décidé de suspendre son aide à l’allègement de la dette du Zimbabwe, à la suite de la promulgation par le président Emmerson Mnangagwa d’une loi controversée modifiant le cadre juridique des organisations bénévoles privées (PVO). Cette législation vise spécifiquement les organisations de la société civile et les ONG, suscitant de vives critiques.…

L’Union européenne a décidé de suspendre son aide à l’allègement de la dette du Zimbabwe, à la suite de la promulgation par le président Emmerson Mnangagwa d’une loi controversée modifiant le cadre juridique des organisations bénévoles privées (PVO). Cette législation vise spécifiquement les organisations de la société civile et les ONG, suscitant de vives critiques.

La nouvelle loi modifie cinq textes législatifs majeurs et introduit des changements profonds dans la réglementation encadrant les activités des ONG au Zimbabwe. Elle confère aux autorités de larges pouvoirs de contrôle sur ces organisations, notamment sur leur structure, leurs sources de financement et leurs affiliations.

Proposée pour la première fois en 2019 par le parti au pouvoir, la ZANU-PF, cette loi accuse certaines ONG de servir de relais à des financements étrangers en faveur de l’opposition. Une initiative similaire avait été envisagée en 2005 sous la présidence de Robert Mugabe, mais elle avait été abandonnée en raison de son caractère jugé excessif.

Selon Jobst von Kirchmann, chef de la délégation de l’UE au Zimbabwe, cette décision marque une suspension du financement européen dédié aux réformes économiques du pays, notamment dans le cadre du processus de règlement de la dette piloté par la Banque africaine de développement (BAD). Il a exprimé sa déception face au non-respect par le Zimbabwe de ses engagements, en particulier ceux liés à l’élargissement de l’espace civique.

Cependant, von Kirchmann a laissé entendre que l’UE pourrait revoir sa position si le gouvernement zimbabwéen démontrait un véritable engagement en faveur des réformes prévues. « L’Union européenne reste ouverte à une réévaluation de sa décision si des progrès tangibles sont observés dans le domaine de la gouvernance », a-t-il précisé.

De son côté, le gouvernement zimbabwéen défend la nouvelle loi, affirmant qu’elle vise à renforcer la transparence financière et à lutter contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et les flux financiers illicites à des fins politiques.

Pour mémoire, le Zimbabwe est exclu de tout nouvel emprunt auprès de la Banque mondiale et du FMI depuis ses défauts de paiement survenus en 2000 et 2001. En août 2024, la Banque africaine de développement estimait la dette publique du pays à environ 21 milliards de dollars. Sur ce total, la dette extérieure, due principalement à des créanciers bilatéraux et multilatéraux, s’élève à 12,3 milliards de dollars. Les principaux créanciers multilatéraux incluent la Banque mondiale (1,5 milliard de dollars), le Groupe de la BAD (760 millions de dollars) et la Banque européenne d’investissement (427 millions de dollars). La dette intérieure atteint quant à elle 8,7 milliards de dollars.

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