Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a nommé l’ancien vice-ministre des Finances, Mcebisi Jonas, au poste d’envoyé spécial aux États-Unis. Cette nomination, annoncée ce lundi 14 avril, intervient dans un contexte de gel sans précédent des relations diplomatiques entre Pretoria et Washington.
En désignant ce nouvel émissaire, l’Afrique du Sud semble opter pour une approche résolument économique afin de sortir de l’impasse, plaçant les intérêts commerciaux au centre du dialogue bilatéral.
« À ce titre, M. Jonas est chargé de faire progresser les priorités diplomatiques, commerciales et bilatérales de l’Afrique du Sud. Il dirigera les négociations, favorisera les partenariats stratégiques et s’engagera avec les responsables du gouvernement américain ainsi que les dirigeants du secteur privé pour promouvoir les intérêts de notre nation », précise un communiqué officiel de la présidence.
Mcebisi Jonas, ancien vice-ministre des Finances (2014-2017) et vétéran de l’ANC, dispose d’un parcours solide à la croisée de la politique et de l’économie. Avant son entrée au gouvernement national, il a dirigé les finances et le développement économique de la province du Cap-Oriental, pilotant également des institutions clés comme la Société de développement du Cap-Oriental et le Centre pour l’investissement et le marketing.
Depuis 2018, il est l’un des quatre envoyés spéciaux nommés par le président Ramaphosa pour faciliter les investissements en Afrique du Sud. Il est également président non exécutif indépendant de MTN Group, géant panafricain des télécommunications, confirmant ainsi son rôle d’intermédiaire stratégique entre sphère publique et privée.
Vives tensions depuis le retour au pouvoir de Donald Trump
Les tensions entre les deux pays se sont exacerbées depuis le retour de Donald Trump à la présidence américaine en janvier. Ce dernier a décidé de réduire drastiquement la majorité des financements accordés à l’Afrique du Sud, affectant des secteurs stratégiques comme l’énergie, la santé et l’agriculture. Trump a également annoncé le retrait des États-Unis de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), un accord commercial crucial pour les exportations sud-africaines.
En mars dernier, l’ancien ambassadeur sud-africain à Washington, Ebrahim Rasool, a été expulsé à peine deux mois après sa prise de fonctions, un signe supplémentaire de la détérioration des relations bilatérales.
Un nouvel émissaire pour «dégivrer» des relations glaciales
Le président Ramaphosa a indiqué que Mcebisi Jonas aura pour mission de conduire les négociations, de renforcer les partenariats stratégiques et de dialoguer avec les responsables américains ainsi qu’avec les acteurs clés du secteur privé. Il sera notamment chargé de faire progresser les priorités diplomatiques, commerciales et bilatérales de l’Afrique du Sud.
« Pendant des décennies, l’Afrique du Sud et les États-Unis d’Amérique ont entretenu une relation historique et stratégique. Dans l’intérêt de notre pays, de notre région et du reste de notre continent, je reste déterminé à reconstruire et à maintenir cette relation pour encore des décennies sur la base du respect mutuel, de la reconnaissance de la souveraineté de chacun et du bénéfice pour nos peuples respectifs », a déclaré M. Ramaphosa dans une déclaration faite par l’intermédiaire de la présidence.
