Alors que les marchés misaient sur un statu quo prudent, la Banque centrale du Ghana (BoG) a surpris tout le monde en dégainant vendredi 28 mars 2025, en marge de la 123e réunion de son comité de politique monétaire, une hausse musclée de son taux directeur de 100 points de base, le portant à 28%. Une décision radicale, à contre-courant des attentes, qui montre bien l’inquiétude persistante des autorités face à une inflation toujours vorace.
À travers ce geste fort, le nouveau gouverneur, Johnson Asiama, nommé en février dernier, entend envoyer un signal clair : la stabilité des prix reste la priorité absolue, quitte à mettre un frein – temporaire ou durable – à la dynamique de croissance. « Bien que l’inflation globale ait légèrement diminué, elle demeure préoccupante. L’inflation des produits alimentaires comme celle des produits non alimentaires reste largement supérieure aux prévisions, et l’inflation sous-jacente demeure élevée. Si l’inflation alimentaire a été principalement causée par des facteurs liés à l’offre, il sera essentiel d’éviter des effets de second tour découlant de ces hausses », a-t-il notamment déclaré.
Dans un pays où la monnaie reste sous pression et où les importations pèsent lourd sur la facture inflationniste, le choix est audacieux. Mais il est aussi risqué. Car resserrer le crédit dans une économie déjà fragilisée pourrait ralentir les investissements, peser sur la consommation et, in fine, retarder la reprise.
Reste à savoir si ce pari monétaire tiendra ses promesses pour venir à bout d’une inflation estimée à 23% . L’histoire récente de la région montre que la lutte contre l’inflation ne peut être gagnée à la seule force des taux d’intérêt. Il faut aussi une discipline budgétaire, une politique de change cohérente, et une confiance des marchés qui, elle, ne se décrète pas en conférence de presse.
