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Cameroun : près de 8 milliards USD investis dans les PPP en 2024

Au Cameroun, le montant total des investissements sous forme de contrats de partenariat public-privé (PPP) est estimé à 4.895,1 milliards de FCFA (7,92 milliards USD) au cours de l’année 2024. Ces données, rendues publiques le 18 mars 2025 par la Caisse autonome d’amortissement (CAA), sont révélées au public sous réserve de l’actualisation des données par…

Au Cameroun, le montant total des investissements sous forme de contrats de partenariat public-privé (PPP) est estimé à 4.895,1 milliards de FCFA (7,92 milliards USD) au cours de l’année 2024. Ces données, rendues publiques le 18 mars 2025 par la Caisse autonome d’amortissement (CAA), sont révélées au public sous réserve de l’actualisation des données par le Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariat (CARPA) et les entités sectorielles concernées.

En effet, cette estimation n’inclut pas le projet de construction de la voie ferrée reliant le Cameroun au Congo, dont le coût global est évalué à 5.400 milliards de FCFA (8,74 milliards USD) et réparti sur plusieurs phases. Dans sa note de conjoncture sur la dette publique du Cameroun évoquée supra, l’organe en charge de la gestion de cette dette indique que « le financement de quatorze postes de péage automatiques, initialement prévu sous forme de PPP pour un montant d’environ 30 milliards de FCFA (48,5 millions USD), a été reconfiguré vers un mode de gestion contractuelle différent ».

Dans le détail, les PPP concessifs, pour lesquels le partenaire privé finance, construit et exploite l’infrastructure en contrepartie des recettes générées par le projet, dominent le classement des trois grandes catégories de ce portefeuille avec 93,7% du total. Ils sont suivis par les PPP mixtes, 5,7% de l’enveloppe globale, qui combinent financement privé et participation publique, avec un partage des revenus et des responsabilités. Les PPP à paiement public, pour lesquels l’État rémunère le partenaire privé en fonction de la performance du service rendu, ferment la queue avec un taux d’exécution estimé à 0,7% du total.

Gestion des risques

A l’analyse, aucune catégorie de ces contrats PPP ne se réalise sans risque. Ainsi, pour ce qui est des PPP concessionnels, la CAA indique que « le risque principal est l’insuffisance de rentabilité des projets, pouvant conduire à des difficultés financières pour l’investisseur privé ». Pour gérer ce risque, la CAA préconise « l’introduction de clauses de partage de risques et d’ajustement tarifaire en cas d’écart significatif entre les prévisions et la réalité du marché ».

« Le risque principal des PPP mixtes réside dans la répartition inégale des charges et engagements, pouvant créer des tensions entre les parties », peut-on lire dans le document du gestionnaire de la dette publique du Cameroun. Qui recommande un mécanisme de gestion de ce risque basé sur « l’élaboration des clauses de renégociation automatique et la mise en place d’un comité de suivi contractuel pour anticiper et ajuster les déséquilibres financiers ».

Enfin, le portefeuille des PPP à paiement public ploie sous « une charge budgétaire excessive pour l’État en cas de dérapage financier » qui ne peut être allégée que par « l’intégration d’un plafond budgétaire contractuel et d’un mécanisme d’audit indépendant pour contrôler l’évolution des coûts et la conformité des prestations ».

Pour rappel, afin de mieux encadrer les engagements liés aux PPP et de limiter les risques financiers et budgétaires associés, une nouvelle loi fixant le régime général des contrats PPP a été adoptée en juillet 2023. Ainsi, souligne la CAA, « la gestion des risques liés aux PPP repose sur une combinaison de clause contractuelle protectrice, d’audits indépendants et de suivi renforcé, permettant d’assurer la pérennité des investissements et la viabilité financière des projets engagés ».

Par ailleurs, les six pays (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), ont procédé à l’adoption d’une stratégie régionale de la commande publique et d’une directive sur les PPP.

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