Fin décembre 2024, le Cameroun a accumulé des restes à payer (RAP) d’environ 670 milliards de FCFA (1,08 milliard USD), en baisse de 8,6% par rapport à l’exercice 2023, où les RAP s’élevaient à 743 milliards de FCFA (1,2 milliard USD). L’information est contenue dans les données compilées par la Direction générale du Trésor, de la Coopération financière et monétaire (DGTCF) du ministère des Finances (Minfi), la Caisse autonome d’amortissement (CAA) et le Comité national de la dette publique (CNDP) et mises en commun dans la note de conjoncture sur la dette publique publiée le 18 mars 2025 par la CAA.
L’organe en charge de la gestion de la dette publique du Cameroun justifie cette baisse par « les efforts consentis dans la régularisation et l’apurement des engagements budgétaires tout au long de l’exercice budgétaire 2024 ».
Selon le rapport de la CAA évoqué ci-dessus, l’on apprend que, dans le détail, « le volume du RAP est tombé à 559 milliards de FCFA (906 millions USD) entre juillet et septembre 2024, avant de remonter à 646 milliards de FCFA (1,05 milliards USD) dès octobre. En attendant de consolider ses données, la CAA indique qu’au 31 décembre 2024, cette dette s’élèverait finalement à 679,8 milliards de FCFA (1,1 milliard USD).
La tendance haussière observée concerne également les RAP de plus de trois mois, désormais intégrés dans l’encours de la dette publique, qui ont atteint 341,7 milliards de FCFA (554 millions USD) à fin décembre 2024, en hausse de 111,5% en glissement annuel. « Un niveau préoccupant si l’on se réfère à la réforme du Compte unique du Trésor adoptée en 2018 qui limite les délais de paiement à deux mois », peut-on lire dans le document de la CAA. Dans la pratique, souligne le Minfi, « ces délais sont passés de 110 jours en moyenne en 2018 à 160 jours en 2024 ». Des augmentations qui, selon la CAA, s’expliquent également par « les non-décaissements des appuis budgétaires attendus au dernier trimestre 2024 dans le cadre des programmes en cours avec le Fonds monétaire international (FMI) ».
Pour rappel, de manière générale, « les RAP dus par l’État concernent essentiellement les biens et services, les investissements et fonds de contrepartie, les autres dépenses du personnel, les transferts, les subventions, les participations et restructurations, ainsi que la dette intérieure. Ils représentent les engagements de dépenses pris par une administration publique (État, collectivités territoriales, etc.) au cours d’un exercice budgétaire, mais qui n’ont pas encore été payés à la clôture de cet exercice », précise la CAA. Ils correspondent donc à des dépenses engagées mais non encore liquidées ou payées, et rapportées à l’exercice budgétaire suivant. Pour être payés les RAP passent par l’engagement (commande ou contrat signé, qui constitue une obligation de payeur) et la liquidation (vérification et validation du montant exact de la dépense).
