L’agence de notation financière Standard & Poor’s (S&P) a publié, le 21 mars 20225, ses évaluations concernant la situation économique et financière de trois pays africains : le Cameroun, l’Éthiopie et le Mozambique. Ces notations reflètent la capacité de ces pays à honorer leurs dettes et à gérer leurs finances publiques. Alors que le Cameroun maintient une position stable, l’Éthiopie et le Mozambique voient leurs notes se dégrader, soulignant des défis économiques persistants.
Cameroun : une stabilité remarquable
S&P a confirmé la note souveraine du Cameroun à « B-/B », avec une perspective stable. Cette notation reflète la résilience relative de l’économie camerounaise malgré un contexte régional et international difficile. Le pays bénéficie d’une diversification économique modérée, avec des secteurs comme l’agriculture, l’énergie et les services contribuant à sa stabilité. Cependant, des défis subsistent, notamment une dépendance aux recettes pétrolières et une dette publique élevée, bien que gérable.
La perspective stable indique que S&P ne prévoit pas de changement significatif dans la situation financière du Cameroun à court ou moyen terme. Cela témoigne d’une certaine confiance dans la capacité du gouvernement à maintenir ses équilibres macroéconomiques, malgré les pressions
Éthiopie : une situation fragile
En Éthiopie, S&P a maintenu la note en monnaie locale à « CCC+ », avec une perspective stable, mais a confirmé la note en devises étrangères à « SD » (Selective Default). Cette notation reflète les difficultés du pays à rembourser ses dettes en devises étrangères, notamment après avoir suspendu le service de sa dette en 2023 dans le cadre du Cadre commun du G20 pour le traitement de la dette.
L’Éthiopie fait face à des défis économiques majeurs, notamment une inflation élevée, des tensions politiques internes et un endettement important. Bien que la perspective stable suggère une certaine anticipation de stabilisation, la note « SD » souligne les risques persistants liés à la dette extérieure et à la capacité du pays à accéder aux marchés internationaux de capitaux.
Mozambique : une dégradation significative
Le Mozambique a subi une dégradation de sa note en monnaie locale à « SD » (Selective Default), en raison de l’achèvement de la conversion de sa dette intérieure. Cette restructuration de la dette a été nécessaire pour alléger le fardeau financier du pays, mais elle a entraîné une détérioration de sa notation. En revanche, la note en devises étrangères a été confirmée, bien que la situation reste précaire.externes.
S&P a également souligné que la position fiscale du Mozambique reste faible, avec des pressions croissantes sur les dépenses publiques. Le pays continue de faire face à des défis structurels, notamment une dépendance aux ressources naturelles (comme le gaz), une corruption endémique et une faible diversification économique. Les remboursements de la dette en devises étrangères devraient rester modérés jusqu’en 2028, date à laquelle une importante euro-obligation commencera à être amortie. Cela laisse peu de marge de manœuvre au gouvernement pour relancer l’économie.
