Un décret présidentiel rendu public le 17 mars 2025 sur le site web du gouvernement consacre l’augmentation des prix des carburants en Guinée équatoriale. Ainsi, apprend-on de ce texte, le litre du super subit une augmentation de 30%, passant de 495 FCFA à 645 FCFA. Dans le même temps, les Équato-guinéens devront désormais débourser 520 FCFA pour acheter un litre de gas-oil au lieu des 470 FCFA jadis nécessaires. Soit une hausse de 10%. Seul le litre du pétrole lampant échappe à cette tendance haussière, son prix restant stable à 215 FCFA.
Le gouvernement équato-guinéen justifie cette augmentation des prix par la baisse des subventions de l’État. A titre d’illustration, de 100 milliards de FCFA (162 millions USD ) en 2023, l’apport de l’État pour maintenir l’accessibilité des carburants à la population est passé à 30 milliards de FCFA (48,5 millions USD) en 2024. Soit une baisse de 70% en un an.
En soulageant ainsi d’une lourde dépense, le gouvernement équato-guinéen voudrait se mettre à l’abri de la chute des recettes pétrolières prévue par la loi de finances 2025. En effet, ce texte projette une chute de 8% de ces revenus en glissement annuel, passant de 1.230,5 milliards de FCFA (près de 200 millions USD ), soit 80,5% des recettes de l’État en 2024 à 1.132,1 milliards FCFA (183 millions USD) en 2025. Un an auparavant, en 2023, avec des recettes pétrolières estimées à 1.398,5 milliards de FCFA (226,3 millions USD), celles de 2024 étaient déjà en baisse de 12,01%.
Pour ce qui est de la production d’hydrocarbures, les données officielles indiquent qu’entre 2018 et 2022, elle a chuté de 17%, passant de 337.571 à 279.722 barils par jour. Cette tendance baissière va se poursuivre de 50% d’ici 2028. Cette baisse envisagée s’explique, selon le Fonds monétaire international (FMI), par le vieillissement des champs pétroliers.
