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Ghana : une thérapie de choc pour sauver une économie en ruines

Le Ghana, autrefois perle de l’Afrique de l’Ouest, fait face à une crise économique sans précédent. Inflation galopante, dette souveraine abyssale et pression du Fonds monétaire international (FMI) forcent le président John Dramani Mahama, en fonction depuis janvier, à prendre des mesures radicales. Son objectif : redresser l’économie et restaurer la confiance des investisseurs. Le…

Le Ghana, autrefois perle de l’Afrique de l’Ouest, fait face à une crise économique sans précédent. Inflation galopante, dette souveraine abyssale et pression du Fonds monétaire international (FMI) forcent le président John Dramani Mahama, en fonction depuis janvier, à prendre des mesures radicales. Son objectif : redresser l’économie et restaurer la confiance des investisseurs.

Le Ghana doit rembourser 8,7 milliards de dollars en quatre ans, soit 10,9 % du PIB. Une charge qui pèse lourdement sur le pays, grand producteur de cacao et d’or. De plus, les arriérés de paiement explosent : 1,73 milliard de dollars dus aux producteurs d’électricité, 4,40 milliards à la compagnie nationale d’électricité, et 2,07 milliards au Cocobod. Face à cette situation, le gouvernement a commandé un audit des arriérés pour clarifier l’ampleur de la dette cachée.

Le ministre des Finances, M. Forson, a annoncé une politique d’austérité drastique pour réduire le déficit budgétaire et restaurer la confiance des marchés. Cette stratégie repose sur trois axes majeurs :

  1. Réduction des dépenses publiques : L’Etat serre la vis pour limiter les dépenses inutiles.
  2. Suppression de taxes : Le gouvernement met fin à quatre prélèvements jugés injustes pour relancer la consommation.
  3. Augmentation des recettes ciblées : Des mesures fiscales spécifiques sont mises en place pour combler les déficits.

Bright Simons, analyste chez IMANI Africa, applaudit cette stratégie : « La suppression de ces taxes mal conçues est une combinaison rare de bonne politique et de politique intelligente ». Malgré ces annonces, les obligations internationales du Ghana, libellées en dollars, ont chuté de 1,5 centime. Les investisseurs restent sceptiques face à un déficit budgétaire prévu à 3,9 % du PIB en 2024, avant une baisse anticipée à 3,1 % en 2025.

L’inflation, bien qu’en légère baisse (23,1 % en février contre 23,5 % en janvier), reste à des niveaux alarmants et loin de l’objectif de 8 % fixé par la Banque du Ghana. Cependant, la croissance du PIB réel devrait atteindre 4 % cette année, signe d’une éventuelle stabilisation. Le gouvernement de John Dramani Mahama joue gros avec cette « thérapie de choc ». S’il réussit, le Ghana pourrait retrouver une stabilité économique et restaurer sa crédibilité sur les marchés internationaux. Mais si ces mesures ne suffisent pas, le pays risque une dégradation supplémentaire de sa situation financière. Le Ghana parviendra-t-il à sortir de cette crise sans précédent ? Seul l’avenir nous le dira. En attendant, la population, elle, subit de plein fouet les conséquences de cette tempête économique.

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