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UMOA-Titres : quel horizon pour les BAT et les OAT du Niger ?

Le Niger a réussi,  jeudi 6 mars 2025, à lever 41,202 milliards de FCFA 66 millions de dollars) sur le marché financier de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), via une émission combinée de bons du Trésor à 1 an (BAT) et d’obligations d’État à 3 ans (OAT). Toutefois, cette opération, une réussite pour son taux de…

Le Niger a réussi,  jeudi 6 mars 2025, à lever 41,202 milliards de FCFA 66 millions de dollars) sur le marché financier de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), via une émission combinée de bons du Trésor à 1 an (BAT) et d’obligations d’État à 3 ans (OAT). Toutefois, cette opération, une réussite pour son taux de couverture de  103,01%, masque des inquiétudes sur le coût croissant de la dette nigérienne, avec des taux dépassant 10%, bien supérieurs à ceux de la Côte d’Ivoire, référence régionale en matière d’emprunt souverain.  

Une demande entièrement satisfaite mais 

Le Trésor Public nigérien a vu ses demandes entièrement satisfaites par les investisseurs, avec un montant final légèrement supérieur aux  40 milliards de FCFA initialement ciblés. Les rendements moyens retenus s’élèvent à 10,45% pour les BAT (1 an) et 10,34% pour les OAT (3 ans), contre environ 8 % pour des émissions similaires de la Côte d’Ivoire. Un écart de 234 points de base qui traduit une défiance accrue des marchés envers Niamey, malgré ses ressources minières (uranium, pétrole).  

Coût immédiat pour l’État

– Les intérêts des BAT (remboursés d’avance) s’élèvent à  4,3 milliards de FCFA, réduisant le montant net perçu à  36,9 milliards. 

– Les OAT généreront un coupon annuel de *2,6 milliards de FCFA, soit 7,8 milliards sur 3 ans.  

Avec cette nouvelle émission, la dette nigérienne en circulation sur l’UMOA atteint désormais  85,2 milliards de FCFA, s’ajoutant à un service de la dette (intérêts) déjà cumulé de 18 milliards. Si le Niger ne représente que 5,76% des émissions totales de la zone UMOA (2 203 milliards de FCFA), ses taux élevés interrogent sur sa capacité à maîtriser son déficit public, évalué à 6,2% du PIB en 2024.  

La comparaison avec Abidjan  souligne le manque de compétitivité du Niger sur les marchés. Les investisseurs semblent exiger une prime de risque supplémentaire, en raison d’un  environnement politique tendu (transition post-putsch de 2023).

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