Face au Congrès Donald Trump a, pendant deux heures, le mercredi 5 mars, égrené ses réalisations, se félicitant du démarrage le plus percutant d’un président américain dans toute l’histoire de cette nation autrefois symbole de la liberté . Usant de superlatifs à foison, il annonce le retour en force des États-Unis.
« Nous avons accompli plus en 43 jours que la plupart des administrations en quatre ou huit ans, et nous ne faisons que commencer », a-t-il encore dit sous des applaudissements nourris d’élus républicains. Depuis sa prestation de serment il y a 43 jours, le milliardaire a signé 79 décrets et pris 400 décisions. Le soufre douleur de l’ukrainien Zelensky se gargarise d’avoir retiré son pays de l’accord de Paris sur le climat, fidèle à l’un de ses slogans de campagne : « Drill. Drill … ». Egalement célébré, le retrait américain de l’OMS ou encore le fait d’avoir déclaré l’anglais seule langue officielle. « J’ai renommé le golfe du Mexique en golfe d’Amerique », lance-t-il, poussant les élus de son camp à lancer plusieurs fois « USA, USA ! » « Notre pays ne sera plus woke ». Sur la politique étrangère, il se félicite d’avoir ramené la Russie et l’Ukraine à la table des négociations. Après l’échange houleux à la Maison Blanche devant les caméras du monde entier , il semble que Volodymyr Zelenskyy se soit converti à la realpolitik sauce américaine. Trump affirme avoir reçu une lettre du président ukrainien prêt à négocier. Tout comme Poutine.
« Il est temps de mettre fin à cette folie, à ces tueries… et pour cela, il faut parler aux deux parties », lance celui qui veut convier la Russie et la Chine, les deux puissances nucléaires avec les USA (laquelle a un budget militaire d’environ 850 milliards de dollars contre moins de 200 pour chacun des challengers ) à une conférence de la paix, sorte de Yalta du 21e siècle . L’Europe est sur la sellette aux yeux de Trump, déterminé à reprendre le canal de Panam, le le géant chinois Hutchinson devant céder deux de ses concessions à un consortium américain, tout comme Tktok d’ailleurs, sommé d’ouvrir son capital à des actionnaires américains sous peine de suspension.
En clair, le rapport de force prime sur le droit international, peut on dire en résumant ce discours clivant mais bien assumé. Aux yeux du nouvel occupant de la Maison Blanche, le bras de fer bilatéral assorti de la menace de sanctions semble plus efficace que les laborieuses négociations multilatérales de l’OMC. Aux résolutions de l’ONU, le businessman préfère l’évacuation de Gaza pour y ériger une « Côte d’Azur ». Aussi, la paix en Ukraine, quitte à amputer ce pays des idéaux et des territoires qui l’ont conduit à une guerre coûteuse en vies humaines, est primordiale pourvue que les USA puissent y exploiter les terres rares avec, peut-être, la Russie. Reste à savoir si se faisant, les USA ne sont pas entrain de s’isoler et d’ouvrir un boulevard à la Chine et aux pays émergents?




