Au cours d’un point de presse organisé en février 2025 à Yaoundé, Jean-François Ntsama Etoundi, le directeur général adjoint (DGA) de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam), filiale du groupe français Somdia, a annoncé des pertes évaluées à 22 milliards de FCFA (35 millions USD) en 2024. Ce, après avoir enregistré un déficit de 15 milliards de FCFA (24 millions USD) en 2023 et en attendant la consolidation des différents rapports d’activités de l’entreprise.
Selon le document mis à la disposition de la presse par le leader de la filière sucrière au Cameroun, cette tendance haussière des pertes financières s’explique par l’augmentation du coût des intrants, des ventes en dessous des prévisions et une production inférieure aux attentes.
Et alors que la Sosucam s’apprêtait à remonter la pente, elle est secouée, fin janvier 2025, par une grève des coupeurs de canne à sucre qui a maintenu l’entreprise hors service du 26 janvier au 8 février 2025. Dans un communiqué de presse rendu public le 7 février 2025, la filiale camerounaise du Groupe français Somdiaa reconnaissait que tout était parti d’un retard dans le paiement des acomptes mensuels. Une situation réglée en 24 heures, selon l’entreprise qui ne comprend donc pas pourquoi des personnes étrangères au service avaient érigé des barricades à Mbandjock et Nkoteng, deux villes de la région du Centre qui abritent les usines de Sosucam.
Outre une paralysie générale d’une quinzaine de jours, le 31 janvier 2025, la société se plaint de voies de fait et d’actes de sabotage, notamment l’incendie de près de 970 hectares de plantations. Conséquence, la Sosucam avait déclaré des pertes évaluées à 5 milliards de FCFA, résultant de l’incendie de 50.000 tonnes de cannes à sucre, dont 5.000 à 6.000 tonnes de cannes premium destinées à l’industrie brassicole.
Malgré les multiples tentatives des autorités administratives locales pour concilier le top management de l’entreprise et les employés, et les concessions faites par la Sosucam (revalorisation de la prime mensuelle de salissure (passée de 600 à 750 FCFA pour les manœuvres et de 3.000 à 3.500 FCFA pour les agents d’exécution saisonniers), augmentation du salaire de base des coupeurs de canne (de 56.000 à 57.000 FCFA) et un retour aux dates traditionnelles de paiement des salaires (le 5 et le 20 du mois)), l’année 2025 ne s’annonce pas radieuse. Pour autant, ce responsable rassure en déclarant qu’avec les 30.000 tonnes de sucre stockés actuellement dans ses magasins, la Sosucam peut répondre à la demande nationale.
