La première réunion du Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) au titre de l’année 2025 s’est ouverte ce 5 mars, à Dakar, au siège de l’institution. Les travaux de cette réunion portent sur l’examen du rapport sur la politique monétaire au sein de l’Union, notamment les risques entourant les perspectives à court et moyen termes, ainsi que la formulation des propositions de mesures de politique monétaire.
Présidée par Jean-Claude Kassi Brou, le Gouverneur de la BCEAO, cette session a débuté par une rétrospective de l’année 2024.
À l’échelle mondiale, les dernières données disponibles montrent une consolidation de l’activité économique, dans un contexte marqué par l’atténuation des tensions inflationnistes dans plusieurs régions du monde. Le taux de croissance de l’économie mondiale s’est situé à 3,2 % en 2024, un niveau sensiblement équivalent à celui enregistré en 2023. Toutefois, les risques pesant sur la croissance se sont accrus, en lien avec la persistance des tensions géopolitiques et la montée des frictions commerciales à l’échelle mondiale.
Au sein de l’UEMOA, « les mesures prises tout au long de l’année passée ont permis de maintenir un cadre macroéconomique favorable, facilitant un financement adéquat de l’activité économique afin de soutenir la croissance », a souligné le Gouverneur.
L’activité économique est restée dynamique avec un taux de croissance de 6,2 % en 2024, contre 5,3 % en 2023, une progression continue favorisée par la bonne tenue des secteurs agricole et extractif, en particulier la production de pétrole et de gaz dans l’Union, qui s’est accélérée. Quant au financement de l’activité économique par les banques, celui-ci reste en phase avec la dynamique actuelle de croissance. En 2024, les crédits accordés par les banques au secteur privé se sont accrus de 6,3 %.
Le taux d’inflation, après avoir augmenté au deuxième trimestre de l’année, est à nouveau en baisse. Il s’est établi à 3,5 % en 2024, après 3,7 % en 2023. Cette baisse s’explique par la détente des cours mondiaux des produits alimentaires et énergétiques, ainsi que par l’arrivée des premières récoltes sur les marchés dans le cadre de la campagne 2024-2025, dont les performances se sont avérées meilleures, contribuant à atténuer les pressions sur les prix dans les pays de l’Union.
Concernant la situation des comptes extérieurs, on note une amélioration en 2024, après deux années de forte dégradation. « L’Union a su tirer profit des évolutions favorables des termes des échanges. En outre, la mobilisation des ressources extérieures, notamment les émissions d’euro-obligations réalisées par certains pays de l’Union et le démarrage des exportations de pétrole, ainsi que leur renforcement, ont conforté la situation extérieure », a-t-il déclaré. Néanmoins, il a souligné qu’une intensification des tensions géopolitiques et commerciales pourrait fragiliser cette dynamique.
Au cours des travaux, les différents points énumérés feront l’objet d’un examen approfondi, dans le cadre du rapport sur la politique monétaire élaboré par les services de la Banque centrale. Ce rapport synthétise les récentes analyses de l’environnement international et sous-régional, ainsi que les perspectives à court terme. Il examine également les risques entourant les perspectives à court et moyen termes et formule des propositions de mesures de politique monétaire.




