Le Cap, Afrique du Sud – 26 février 2025. Sept anciens chefs d’État et dirigeants africains se réuniront ce jeudi 27 février 2025 au cœur du Cap pour lancer une initiative majeure visant à résoudre la crise de la dette qui étouffe de nombreuses économies du continent. La Déclaration du Cap qui sera signée à l’Hôtel Southern Sun Cullinan marque le début de l’Initiative d’allègement de la dette initiée par des dirigeants africains IADDA), un appel urgent à une restructuration équitable des dettes souveraines et à une réforme des mécanismes d’emprunt internationaux.
Une réponse continentale à une crise mondiale
Portée par des figures emblématiques telles que l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo (président de l’initiative) et l’ex-présidente malawite Joyce Banda, cette déclaration intervient en marge de la réunion des ministres des Finances du G20, présidée cette année par l’Afrique du Sud. Le pays a placé la question de la viabilité de la dette au cœur des priorités économiques mondiales, soulignant l’urgence d’un système financier plus juste pour les États vulnérables.
Alignement avec l’Agenda 2063 et le G20
L’initiative s’inscrit dans la droite ligne de l’’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui promeut une autonomie économique et un développement durable pour le continent. Elle vise à corriger les déséquilibres historiques, notamment les taux d’intérêt élevés et les conditionnalités strictes imposées par les créanciers internationaux. « Cette démarche n’est pas seulement un plaidoyer pour l’allègement de la dette, mais un pas vers une architecture financière mondiale plus inclusive », a souligné un porte-parole de l’IADDA.
Les signataires : Une alliance panafricaine
Parmi les signataires figurent d’anciens dirigeants reconnus pour leur engagement en faveur de la coopération continentale :
– Olusegun Obasanjo (Nigéria), président de l’initiative ;
– Macky Sall (Sénégal) ;
– Joyce Banda (Malawi) ;
– Jakaya Kikwete (Tanzanie) ;
– Dr. Ameenah Gurib-Fakim (Maurice) ;
– Hailemariam Desalegn (Éthiopie) ;
– Yemi Osinbajo (Nigéria), ancien vice-président.
La conférence de presse prévue 27 février coïncide avec le sommet du G20, offrant une tribune mondiale pour amplifier ce plaidoyer. Les dirigeants appellent à une mobilisation collective des institutions comme le FMI, la Banque mondiale et les créanciers privés, tout en prônant une meilleure gouvernance financière en Afrique.
Enjeux et perspectives
Avec 22 pays africains en situation de surendettement ou en défaut partiel (selon la Banque mondiale), l’IADDA pourrait redéfinir les relations financières Nord-Sud. Reste à voir si les économies avancées, souvent réticentes à effacer des dettes, accepteront de négocier des clauses de suspension ou des échanges dette-climat.




