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Historique ! le Sénégal obtient sa plus mauvaise note depuis deux décennies avec B3 et une perspective négative (Moody’s)

Après la publication, le 13 février dernier, du rapport ‘’explosif’’ de la cour des comptes du Sénégal, qui a cette fois brandi la « vérité des chiffres », les spécialistes avaient prédit une dégradation imminente de la note souveraine du pays par les principales agences de notation financières. La perspective se réalise. En effet, le géant de la notation…

Après la publication, le 13 février dernier, du rapport ‘’explosif’’ de la cour des comptes du Sénégal, qui a cette fois brandi la « vérité des chiffres », les spécialistes avaient prédit une dégradation imminente de la note souveraine du pays par les principales agences de notation financières. La perspective se réalise.

En effet, le géant de la notation financière Moody’s vient de donner le ton, en annonçant le vendredi 21 février avoir dégradé la note du Sénégal à long terme. Elle passe désormais de B1 à B3 avec des perspectives négatives. Par ailleurs, Moody’s a aussi abaissé les plafonds de la monnaie locale et de la monnaie étrangère, passant respectivement de Baa3 et Ba1 à Ba2 et Ba3.

Raisons

Ces dégradations se justifient par une mauvaise performance des principaux indicateurs de la finance publique et surtout un ratio de la dette, qui a largement dépassé les normes établies, selon l’Agence, qui a passé en revue la situation financière du pays, en se basant sur les chiffres de la Cour des comptes. 

Si l’on se fie aux statistiques de Moody’s, le ratio d’endettement de l’administration centrale est passé de près de 100 % du PIB en 2023 à 107 % du PIB en 2024. Cela reflète un déficit budgétaire de 11,6 % du PIB, selon la loi de finances 2024 révisée du pays. Ce ratio, d’après l’agence, ressort nettement supérieur à la médiane de 49 % du PIB pour la catégorie B en 2024 et figure parmi les plus élevés des marchés émergents et frontaliers à niveaux de richesse comparables.

S’agissant de la dégradation des plafonds de la monnaie locale et de la monnaie étrangère, l’Agence affirme que la première est fixée à quatre crans au-dessus de la note souveraine et la deuxième est maintenue à un cran en dessous du plafond de la monnaie locale. 

Ces mauvaises notes, notamment celle de B3, considérée comme la plus mauvaise depuis environ deux décennies, vont porter un sacré coup à la situation financière du pays, selon certains experts. Lepays de la Teranga devra désormais emprunter de l’argent avec des taux d’intérêts beaucoup plus élevés car la note a B3 est considérée comme très spéculative, indiquant un niveau de risque de crédit élevé.

Miser sur les ressources internes

Le premier ministre Ousmane Sonko, qui faisait   face aux députés ce vendredi 22 février, a encore une fois plaidé pour mobilisation des ressources internes pour financer l’économie du pays , largement tributaire de l’extérieur . Le chef du gouvernement semble être dans la logique de moins dépendre des bailleurs de fonds étrangers plus soucieux de la rentabilité financière immédiate que des préoccupations à long terme à la base de tout projet de développement économique. Reste à savoir est -ce que son gouvernement va réussir ce pari du développement par les ressources publiques compte tenu du poids de la dette et de la baisse de l’aide publique au développement ?

Financial Afrik Premium