Au 31 décembre 2024, le Cameroun a emprunté pour 1153,9 milliards de FCFA (1,8 milliard USD) sur le marché des titres publics de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Des performances en hausse de 20,4 par rapport à l’exercice 2023. C’est ce qu’a révélé le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze, le 13 février 2025 à Douala, au cours de la présentation aux investisseurs du programme de financement de l’État pour 2025.
La hausse des emprunts du gouvernement camerounais sur ce marché sous-régional intervient dans un contexte marqué par le durcissement des conditions du marché. Un durcissement que confirme le directeur général du Trésor au ministère des Finances, Sylvester Moh : « Nous constatons, avec une acuité croissante, le renchérissement du coût du financement de notre dette publique, le raccourcissement de la maturité moyenne des titres souverains. » Au cours de son adresse aux investisseurs à Douala, le ministre des Finances du Cameroun a indiqué que « la rémunération des Bons du Trésor assimilables (BTA) émis par le Cameroun est passée de 2,67% en 2020 à 6,33% en 2024. Ce qui révèle une hausse de plus de 100% ».
Louis Paul Motaze a également révélé que la situation s’est d’autant compliquée qu’à la chute du taux de couverture de la demande de financement exprimée par le Trésor public camerounais, en chute en 2024, s’est ajouté l’accroissement des taux d’intérêts sur les BTA. Dans le détail, le ministre camerounais des Finances a indiqué que « ce taux est passé de 206,9% en 2020 à seulement 69% en 2024 ».
Pour autant, les titres publics émis par le Cameroun rencontrent toujours l’assentiment des investisseurs qui excipent de la solvabilité du pays. En effet, soutient Louis Paul Motaze, « depuis le lancement du marché des titres publics de la BEAC en 2011, le Cameroun n’y enregistre aucun défaut de paiement, le pays s’arrangeant toujours à payer toutes ses dettes à bonne date ».
