Dans sa Stratégie régionale d’inclusion financière (SRIF) 2025-2029, rendue publique le 6 février 2025, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), l’institut d’émission commun aux Etats de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), projette une hausse du taux d’inclusion financière de la région à 75% d’ici 2032, contre 32% en 2021, après un pic de 60% en 2030.
La BEAC justifie l’élaboration de la SRIF par ce que « le nombre de comptes ouverts dans les livres des établissements de crédit et de microfinance s’est situé respectivement à 4,5 millions et environ 3,8 millions, pour une population totale estimée à 58 millions d’habitants en 2021 ». Bien plus, indique la banque centrale, « au cours de la même année, la CEMAC comptait près de 35 millions de comptes de paiement par mobile money, dont 14 millions de comptes actifs ».
Via la SRIF, dont la mise en œuvre est estimée à 43,8 milliards de FCFA (68 millions USD), la BEAC entend « permettre l’accès et l’utilisation d’une gamme de produits et services financiers adaptés, variés et abordables aux populations vulnérables (ou exclues financièrement), notamment pour les jeunes, femmes, populations rurales et les Micros, Petites et Moyennes Entreprises (MPME) de la zone CEMAC ». Elle SRIF vise à rendre les services financiers plus accessibles aux personnes non bancarisées de la Communauté, d’une part, et à augmenter l’utilisation des services financiers par des personnes ayant déjà accès aux services financiers classiques, d’autre part. Cette stratégie vise également à améliorer le cadre réglementaire et institutionnel relatif à l’offre de ces services financiers. Elle met aussi en évidence les obstacles et les catalyseurs de l’inclusion financière dans la Communauté. Cette stratégie bénéficie de l’appui des structures nationales d’inclusion financière des différents pays, de la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) et des partenaires techniques et financiers tels que la Banque Mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque africaine de développement (BAD) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Pour la mise en œuvre de la SRIF, la BEAC entend s’appuyer sur six axes stratégiques que sont « l’éducation et la protection des consommateurs des services financiers ; la promotion et facilitation de l’innovation, de l’utilisation des services financiers numériques et la mise en place d’un cadre réglementaire propice. L’institution prévoit également de faciliter l’accès et utilisation de services financiers abordables, fiables et sécurisés ainsi que des données fiables sur l’inclusion financière tout en renforçant les capacités des acteurs ».
