Lundi 3 février, la Chambre des conseillers du Maroc a adopté à la majorité le projet de loi organique n° 97.15, fixant les conditions et modalités d’exercice du droit de grève. Ce texte a été approuvé avec 41 voix pour et 7 contre, sans abstention, mais dans un climat marqué par des tensions, notamment le retrait des membres de l’Union marocaine du travail (UMT) en signe de protestation.
Le débat autour de cette réforme a suscité un vif intérêt avec 247 amendements proposés par les différents groupes parlementaires et le gouvernement. Ces modifications visaient à garantir un équilibre entre les droits des travailleurs et la stabilité économique, selon les groupes de la majorité. Le gouvernement a insisté sur l’importance de ce texte pour renforcer l’attractivité économique du Maroc et offrir un cadre légal clair pour les mouvements sociaux, tout en garantissant la continuité des services publics.
Si les groupes de la majorité ont salué l’adoption du projet comme une étape clé vers une meilleure gouvernance du droit de grève, plusieurs syndicats y voient une menace pour la liberté syndicale. La Confédération démocratique du travail (CDT) et l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM) ont dénoncé une restriction du droit constitutionnel à la grève, estimant que ce texte favorise davantage les employeurs au détriment des salariés. Le Groupe Socialiste-Opposition Ittihadie a pointé du doigt une loi qui ne prend pas en compte la réalité du marché du travail informel, excluant ainsi une large partie des travailleurs. La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a, quant à elle, salué un cadre légal qui sécurise les investisseurs et garantit une stabilité sociale.
Le ministre de l’Insertion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a insisté sur la conformité du texte avec la Constitution et les conventions internationales, affirmant qu’il protège à la fois les travailleurs, les employeurs et les intérêts de la société. Toutefois, plusieurs voix continuent de s’élever contre cette réforme jugée restrictive. Le débat est loin d’être clos, et les syndicats annoncent déjà de possibles mobilisations pour contester cette nouvelle réglementation.



