C’est l’une des mesures contenues dans les premiers décrets pris par le président américain le 20 janvier 2025, juste après son investiture. Donald Trump vient de suspendre l’aide au développement pour une durée de 90 jours au terme desquels « de nouveaux déboursements » pourraient être à nouveau alloués au cas par cas « si un examen est effectué et si le secrétaire d’État ou son représentant, en consultation avec le directeur du bureau de la gestion et du budget décide de poursuivre le programme sous la même forme ou sous une forme modifiée ».
Selon l’executive order daté du 20 janvier 2025 et signé par le tout juste investi à la Maison-Blanche, l’aide au développement est une « industrie et une bureaucratie qui ne sont pas alignées sur les intérêts américains et, dans de nombreux cas, [qui] sont contraires aux valeurs américaines».
Le 15 janvier dernier lors de son audition devant la chambre haute du Congrès américain, le ton avait été donné par son nouveau secrétaire d’État, Marco Rubio, qui a énuméré les 3 questions auxquelles devraient répondre, désormais, toutes les propositions de financement. « Est-ce que cela rend l’Amérique plus sûre ? Est-ce que cela rend l’Amérique plus forte ? Est-ce que cela rend l’Amérique plus prospère ? »
« La politique des États-Unis consistera à ne débourser aucune aide étrangère qui ne soit entièrement alignée sur la politique étrangère du président des États-Unis », a déclaré l’ancien sénateur de Floride, âgé de 53 ans et fils d’immigrés cubains, devenu, le 20 janvier, le premier membre de la nouvelle administration Trump à être confirmé à son poste.
Quid de l’Afrique
En attendant, cette pause de 90 jours devra servir à définir les nouvelles bases. Pendant cette durée, souligne le décret, l’efficacité des programmes et leur cohérence avec la politique étrangère des États-Unis « vont être évaluées ».
Si aucun pays ou organisation n’a été cité dans le décret, cette décision de l’administration Trump a de quoi intérêt l’Afrique où Joe Biden, début décembre précisément en Angola, lors de sa seule visite officielle sur le continent africain, a annoncé « une nouvelle aide humanitaire de plus de 1 milliard de dollars ». Notamment « pour les Africains déplacés par des sécheresses historiques et touchés par la famine. Washington avait également annoncé, en juillet dernier le versement de 176 millions de dollars d’aide humanitaire supplémentaire pour les régions du Sahel et du bassin du lac Tchad en Afrique de l’Ouest pour répondre à la détérioration des conditions de sécurité et à l’augmentation des besoins humanitaires dans les communautés coupées de l’aide en raison des conflits.
Réagissant à la nouvelle selon laquelle l’administration du président ghanéen John Mahama fraichement élu pourrait demander un financement auprès du Fonds monétaire international (FMI), le président républicain de la commission sénatoriale des affaires étrangères, James Risch, avait demandé aux pays africains de commencer par s’acquitter de leurs dettes envers les entreprises américaines.




