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Gabon : le gouvernement fait le point sur le non-paiement des 26,2 millions USD dus à la Banque mondiale

Dans un communiqué de presse rendu public le 13 janvier 2025, le ministère gabonais du Budget et des Comptes a fait le « point sur le règlement des arriérés dus à la Banque mondiale ». Reconnaissant d’abord que « la Banque mondiale a mis en œuvre la suspension de ses décaissements », Charles M’Ba a expliqué le fondement de…

Dans un communiqué de presse rendu public le 13 janvier 2025, le ministère gabonais du Budget et des Comptes a fait le « point sur le règlement des arriérés dus à la Banque mondiale ». Reconnaissant d’abord que « la Banque mondiale a mis en œuvre la suspension de ses décaissements », Charles M’Ba a expliqué le fondement de cette décision : « […] en raison d’arriérés de dettes établis au 10 janvier 2025 à la somme de 17 milliards de FCFA (environ 26,2 millions USD, ndrl). »

Selon le membre du gouvernement gabonais, « cette situation ponctuelle tient à plusieurs facteurs ». Le communiqué de presse évoque alors « l’insuffisance de mobilisation sur le marché international de ressources prévues dans la loi de finances [de 2024] ; la prise en charge volontariste de mesures sociales additionnelles fortes particulièrement attendues de longue date par les populations ; l’affectation circonstancielle de ressources importantes à des opérations stratégiques du pays ».

Le gouvernement gabonais réagissait ainsi à l’information transmise au ministère de l’Economie par la Banque mondiale, mi-décembre 2024, juste avant le sommet des chefs d’Etat des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), tenu à Yaoundé, au Cameroun, le 16 décembre 2024. Par cette correspondance, l’institution de Bretton Woods indiquait au Gabon qu’elle suspendait ses décaissements en sa faveur. Une décision qui était la seconde en moins de six mois, le Gabon ayant déjà été l’objet de pareille mesure en juillet 2024 pour n’avoir pas pu honorer ses engagements sur une dette de 10 milliards de FCFA (environ 16 millions USD).

Selon un habitué des arcanes financiers des pays de la CEMAC, « cette situation porte au grand jour des failles au ministère gabonais des Comptes publics et plus généralement dans la gestion économique de la Transition. Elle met également en exergue les défis cruciaux auxquels le pays est confronté pour redresser ses finances publiques ». Notre interlocuteur lie cette suspension des financements de la Banque mondiale à la demande d’assistance technique du Fonds monétaire international (FMI) pour l’assainissement des finances publiques du pays, demande exprimée par le président de la Transition, Brice Clothaire Oligui Nguema, le 9 janvier 2025 lors de la cérémonie de présentation des vœux par le corps diplomatique accrédité à Libreville.

Face à la menace que fait peser cette décision de la Banque mondiale sur la crédibilité de la signature du Gabon, malgré le rachat, en novembre 2024, de la moitié de l’euro-obligation de 605 millions USD, arrivant à échéance en juin 2025, opération qui devrait renforcer la confiance des investisseurs, dans son communiqué de presse, le ministre du Budget et des Comptes a tenu à « assurer l’ensemble de ses partenaires et l’opinion nationale de la détermination du gouvernement à continuer de respecter ses engagements librement adoptés ». Charles M’Ba rappelle par la suite qu’« à fin novembre 2024, l’Etat a effectué des paiements pour 1.210 milliards de FCFA (environ 1,9 milliards USD) au titre de la dette ». Il informe alors que « […] toutes les dispositions nécessaires seront mises en œuvre pour apurer dans les meilleurs délais les arriérés en question ».

Pour rappel, au Gabon, la gestion de la dette est l’exclusivité du ministre des Comptes publics et du directeur général (DG) du Trésor. Selon ces dispositions, le DG du Trésor supervise les ordonnancements et s’assure de la disponibilité des liquidités pour honorer les engagements de l’État. Selon des sources proches du dossier, malgré des ordonnancements de novembre 2024 concernant notamment la dette querellée avec la Banque mondiale, certains paiements n’ont toujours pas été effectués. D’où la suspension des décaissements de cette institution financière mondiale.

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