Pour le troisième trimestre de l’année 2024, le taux de chômage élargi au Sénégal a atteint 20,3 %, selon l’enquête Nationale sur l’Emploi au Sénégal (ENES) réalisée par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) basée à Dakar.
Par rapport au troisième trimestre 2023 où il se situait à 19,5 %, le taux de chômage élargi connait une augmentation de 0,8 point de pourcentage. <<Au sens strict du Bureau International du Travail (BIT), il est ressorti à 5,3% au trimestre sous revue>> a souligné l’ANSD. Au sens du BIT, les chômeurs comprennent toutes les personnes en âge de travailler qui, au cours de la période de référence, ont été sans travail, disponibles pour travailler dans une période de deux semaines et ont recherché un travail sur la période des quatre semaines ayant précédé la date de collecte. Toutefois, cette définition s’avère restrictive pour le Sénégal eu égard au marché du travail qui est peu structuré pour la recherche de travail. A cet effet, les personnes sans emploi, qui sont disponibles, mais ne recherchent pas un emploi pour des raisons jugées indépendantes de leur volonté sont comptées parmi les chômeurs et pris ainsi en compte dans la détermination du niveau de chômage dans le pays.
Selon l’ANSD, le taux de chômage au sens élargi est plus élevé en milieu rural (21,9% contre 19,2% en zone urbaine). Selon le sexe, le chômage touche plus les femmes (32,9%) que les hommes (11,8%).
Au troisième trimestre de l’année 2024, 58,3% des personnes en âge de travailler (15 ans ou plus) ont participé au marché du travail. Ce niveau d’activité est légèrement plus élevé en milieu rural où il est ressorti à 58,8% contre 58,0% en milieu urbain. Selon le sexe, il est plus élevé chez les hommes que chez les femmes avec des taux respectifs de 68,7% et de 47,7%. En glissement annuel, l’ANSD note que le niveau de participation s’est rétracté de 3,1 points de pourcentage par rapport à la même période en 2023.
Au compte du trimestre sous revue, le taux d’emploi (qui mesure la part des personnes en emploi parmi celles en âge de travailler) est ressorti à 42,8%. Il a diminué de 1,6 point de pourcentage par rapport au troisième trimestre de 2023 où il était estimé à 44,4%. Le niveau d’emploi est plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural, avec des taux respectifs de 45,7% et de 38,3%. En outre, le taux d’emploi est presque deux fois plus élevé chez les hommes (56,4% contre 28,8% chez les femmes).
S’agissant de l’emploi salarié, l’ANSD signale que sa part dans le total des emplois s’est située à 38,9% durant le trimestre sous revue. Cette proportion a augmenté de 1,6 point de pourcentage par rapport à la même période de l’année 2023 (37,3%). La part de l’emploi salarié varie selon le sexe et selon le milieu de résidence. Chez les hommes, elle est estimée à 43,6% contre 29,5% pour les femmes. L’accès à l’emploi salarié est nettement plus important en milieu urbain (48,9%) qu’en zone rurale (20,6%).
Sur un autre registre, l’enquête de l’ANSD révélé que durant la période sous revue, les aides-familiaux ont représenté 6,3% de la main-d’œuvre (ou population active) contre 8,2% au trimestre correspondant de l’année précédente, soit une baisse de 1,9 point de pourcentage. Leur part est plus importante en milieu rural (12,9% de la main-d’œuvre contre 1,9% en milieu urbain). Suivant le sexe, les proportions sont presque dans les mêmes ordres de grandeur (6,5% chez les femmes contre 6,2% pour les hommes).
