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Pourquoi le Sénégal et le Cambodge ont quitté la catégorie des PMA

Le Sénégal et le Cambodge viennent donc de franchir une étape historique en sortant de la catégorie des Pays les Moins Avancés (PMA), selon une résolution prise le 19 décembre 2024 par l’Assemblée générale des Nations Unies. Cette décision, issue des recommandations du Comité des politiques de développement et validée en juin 2024 par le…


Le Sénégal et le Cambodge viennent donc de franchir une étape historique en sortant de la catégorie des Pays les Moins Avancés (PMA), selon une résolution prise le 19 décembre 2024 par l’Assemblée générale des Nations Unies. Cette décision, issue des recommandations du Comité des politiques de développement et validée en juin 2024 par le Conseil économique et social, représente une étape significative dans le parcours de ces deux pays vers un développement renforcé.

Créée par les Nations Unies en 1971, la catégorie des PMA regroupe les pays les plus vulnérables économiquement, caractérisés par un faible revenu national brut (RNB), un capital humain limité et une forte exposition aux chocs externes. Pour quitter cette catégorie, un pays doit satisfaire à au moins deux des trois critères suivants lors de deux revues triennales consécutives : un RNB par habitant supérieur à 1 222 USD, un indice de capital humain élevé mesurant les progrès en matière de santé, d’éducation et de niveau de vie, et un indice de vulnérabilité économique faible traduisant une meilleure résilience face aux chocs climatiques et économiques. Le Sénégal et le Cambodge ont su répondre à ces exigences grâce à des stratégies de développement ambitieuses et des réformes audacieuses.

Depuis l’adoption du Plan Sénégal Émergent (PSE) en 2014, le Sénégal s’est engagé dans une dynamique de transformation économique et sociale. Investissements massifs dans les infrastructures, diversification économique et réduction de la pauvreté ont permis au pays d’améliorer ses performances. Les autoroutes, ponts et aéroports modernisés renforcent l’attractivité du pays, tandis que les secteurs comme les technologies de l’information, les services et les industries extractives se développent. Parallèlement, des programmes sociaux ciblés ont contribué à améliorer les conditions de vie des populations les plus vulnérables.

Situé en Afrique de l’Ouest, avec un accès stratégique à l’océan Atlantique, le Sénégal a su capitaliser sur sa position pour devenir un hub économique régional. Cette dynamique repose également sur une stabilité politique relative depuis son indépendance en 1960, un facteur rare et précieux en Afrique subsaharienne.

De son côté, le Cambodge s’est appuyé sur une industrialisation rapide et un secteur touristique florissant pour accélérer son développement. Le développement industriel, notamment dans le textile, a attiré des investissements étrangers grâce à une main-d’œuvre compétitive, tandis que des sites emblématiques comme Angkor Vat ont fait du pays une destination phare en Asie du Sud-Est. Pour réduire sa dépendance au textile, le Cambodge a également investi dans les infrastructures, l’énergie et les services. Situé en Asie du Sud-Est, entre la Thaïlande, le Vietnam et le Laos, le Cambodge bénéficie d’une position stratégique. Malgré un passé marqué par les violences du régime des Khmers rouges, le pays a su reconstruire son économie et stabiliser ses institutions depuis les années 1990.

En quittant la catégorie des PMA, le Sénégal et le Cambodge accèdent à une nouvelle crédibilité internationale. Cela leur ouvre la voie à davantage d’investissements étrangers directs (IDE), un meilleur accès aux marchés financiers internationaux renforçant leur capacité de financement et une indépendance économique accrue, marquant la fin d’une dépendance à l’aide internationale dédiée aux PMA. Cependant, cette sortie s’accompagne de défis. Les deux pays devront désormais compenser la perte de certains avantages, comme l’accès préférentiel aux marchés des pays développés et les aides spécifiques des institutions internationales. Le Sénégal et le Cambodge ont tous deux dépassé le seuil de revenu requis pour sortir des PMA, avec un RNB par habitant d’environ 1 580 USD pour le Sénégal et 1 800 USD pour le Cambodge. Ces chiffres traduisent non seulement une amélioration des conditions économiques, mais aussi un potentiel de croissance durable.

En 2021, 16 pays étaient identifiés comme candidats potentiels à une sortie des PMA. Aujourd’hui, après la sortie du Sénégal et du Cambodge, 46 pays restent dans cette catégorie. Le défi est désormais d’accompagner ces nations sur le chemin d’une transition similaire. La sortie du Sénégal et du Cambodge de la catégorie des PMA marque une étape majeure dans leur parcours de développement. Toutefois, cette transition est un tremplin et non une finalité. Pour maintenir leur trajectoire de croissance, ces pays devront continuer à diversifier leurs économies, renforcer leur résilience face aux chocs externes et investir dans leur capital humain. En quittant le statut des PMA, le Sénégal et le Cambodge ne tournent pas simplement une page de leur histoire, ils en ouvrent une nouvelle, pleine de promesses et de défis.

Une transition échelonnée sur cinq ans

Afin de garantir une sortie harmonieuse, une période de transition exceptionnelle de cinq ans a été accordée. Durant cette phase, le Sénégal et le Cambodge devront élaborer des stratégies nationales de transition pour consolider leurs acquis socio-économiques et maintenir leurs leurs efforts en matière de réduction de la pauvreté et de lutte contre les inégalités. Les agences des Nations Unies, ainsi que les partenaires bilatéraux et multilatéraux, devront jouer un rôle crucial dans cet accompagnement. Cela inclut un soutien technique et financier pour faire face aux conséquences de la réduction de l’accès aux financements concessionnels.

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