(Actualisé à 12H30 GMT) 1 USD = 47,55000 MUR. Arrêté dès sa descente d’avion à l’aéroport de Plaisance, le vendredi 3 janvier 2025, l’ancien gouverneur de la Banque de Maurice (BOM), Harvesh Seegolam, a été relâché ce samedi sur parole en attendant le paiement d’une caution de 500 000 Rs (10 515 dollars) lundi 6 janvier 2025 devant le tribunal de Port-Louis .
Après un interrogatoire marathon suivie d’une perquisition de son domicile sous l’objectif des caméras , le financier jusque-là admiré, du fait notamment de son statut du plus jeune gouverneur que la BOM ait connue, a comparu ce samedi devant la Week-End Court, située à la New Court House de Port-Louis. Il est provisoirement inculpé pour « conspiracy to defraud ». Le procureur n’a pas objecté à sa mise en liberté provisoire. Selon le journal « Defis Medias », cette condition est assortie d’une reconnaissance de dette de 5 millions Rs.
Harvesh Seegolam faisait l’objet d’un mandat d’arrêt depuis fin décembre 2024, accusé de falsification de données économiques clés, d’impression massive de billets pour financer le Mauritius Investment Corporation (MIC) durant la pandémie de Covid-19, et de décisions ayant potentiellement fragilisé le système monétaire mauricien.
La police de l’Air et des Frontières a exécuté le mandat d’arrêt émis contre l’ancien gouverneur, qui avait quitté son poste le 10 novembre dernier avant de partir à l’étranger. Selon Rama Sithanen, son successeur à la Banque centrale, le MIC, créé en 2020 avec un capital initial de Rs 81 milliards pour soutenir les entreprises impactées par la pandémie, aurait été impliqué dans des pratiques douteuses sous la complicité de la BOM.
Les charges contre Seegolam incluent également un décaissement suspect de Rs 45 millions effectué le 28 octobre dernier, en faveur d’une entreprise à haut risque classée dans la catégorie 5 par le MIC. Depuis sa création, le MIC a été l’objet de nombreuses critiques pour sa gestion et ses décisions financières.
Nommé Gouverneur de la BoM le 20 février 2020, Harvesh Seegolam, alors âgé de 37 ans, avait à cette époque une carrière bien remplie. Il a été notamment directeur général à la Financial Services Promotion Agency (FSPA), institution chargée de développer et de promouvoir Maurice comme un centre financier international d’excellence. Diplômé de la London School of Economics, de l’Université de Durham et de la SKEMA Business School en France, le financier paye en partie le prix du renversement de la majorité lors des récentes élections dans l’île la plus prospère de l’Océan Indien.




