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Cameroun : Paul Biya, candidat à sa propre succession en 2025

En assurant ses concitoyens de sa capacité à continuer l’œuvre entreprise depuis 42 ans à la tête de l’Etat, au cours de son message à la nation, le 31 décembre 2024, le président camerounais, Paul Biya, a levé un pan de voile sur sa candidature à l’élection présidentielle de 2025. Ce, en dépit des oppositions…

En assurant ses concitoyens de sa capacité à continuer l’œuvre entreprise depuis 42 ans à la tête de l’Etat, au cours de son message à la nation, le 31 décembre 2024, le président camerounais, Paul Biya, a levé un pan de voile sur sa candidature à l’élection présidentielle de 2025. Ce, en dépit des oppositions qu’un tel projet soulève au sein de la classe politique locale. Qui a fait du retrait de la vie politique camerounaise du chef de l’État son fonds de commerce. 

« Je puis vous assurer que ma détermination à vous servir demeure intacte et se renforce au quotidien, face à l’ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés ». Cette déclaration du chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, dans son message à la nation du 31 décembre 2024 lève le voile sur sa candidature à la présidentielle de 2025 met fin au débat en cours sur sa capacité à continuer à mener le bateau Cameroun à quai (horizon 2035).

Cette intention de candidature intervient dans un contexte où nombre de ses détracteurs épilogue sur son âge, 92 ans, sa longévité au pouvoir, 42 ans, ainsi que sa présence dans les arcanes du régime, 63 ans. A l’exemple du président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) Cabral Libih, également député qui n’hésite jamais à inviter Paul Biya à « quitter ses fonctions pour aller se reposer dans son village natal comme tout patriarche qui a servi son pays pendant aussi longtemps ». Idem pour le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, qui n’a jamais cessé de clamer sa victoire à la présidentielle de 2018. Tout comme le député Jean Michel Nintcheu, transfuge du Social Democratic Front (SDF), désormais dirigé par son collègue Joshua Osih après le décès du père fondateur John Fru Ndi.

Sur les antennes de Radio France internationale (RFI), Monseigneur (Mgr) Samuel Kleda, l’archevêque de Douala indiquait qu’« une nouvelle candidature de Paul Biya n’est pas réaliste ». Appelant le successeur constitutionnel d’Ahmadou Ahidjo à renoncer à une candidature à l’élection présidentielle de 2025.

Réactions du RDPC

Face à cette levée de boucliers sur la candidature de leur « champion », les militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) ne manquent pas de réagir. Sur les antennes d’une chaîne de télévision privée, André Luther Meka, un fervent défenseur du président national du parti au pouvoir, répondait à Mgr Samuel Kleda : « On ne peut pas se sevrer d’une personnalité comme Paul Biya. Il sera candidat et nous allons le soutenir et toutes les voix éclairées du Cameroun vont le soutenir. » Bien avant lui, le 29 décembre 2024, Jacques Fame Ndongo, le secrétaire à la communication du comité central du RDPC réagissait aux propos du prélat en démontrant « la légalité de la candidature de Paul Biya en 2025 ». Invoquant d’abord la Constitution du Cameroun en son article 6, alinéa 2. Qui stipule que « le président de la République est élu pour un mandat de sept ans. Il est rééligible. » Pour celui qui est également ministre d’Etat en charge de l’Enseignement supérieur depuis 20 ans, « rien dans a Constitution ne s’oppose à une nouvelle candidature de Paul Biya en 2025 ». Bien plus, soutient-il, les statuts du RDPC (article 27, alinéa 3) font de Paul Biya, le président national, « le candidat naturel du parti [à la présidentielle] ».

Une posture déjà adoptée par Franck Biya à qui l’on a toujours prêté un destin présidentiel dès 2025. Dans des vidéos qui circulaient sur les réseaux sociaux le 12 novembre 2023, le fils aîné de Paul Biya indiquait, au cours d’une réunion politique du RDPC, que son géniteur est « le leader naturel du RDPC ». Et appelait à une candidature de Paul Biya en 2025. Tout en s’adressant au Mouvement des « Franckistes » qu’« il est important que l’on ne brouille absolument pas le message, nous devons rester dans son sillage et tenter de l’accompagner ».

Fitch Ratings

Dans ce concert d’avis sur une candidature de Paul Biya en 2025, l’agence de notation financière américaine Fitch Ratings lorgne sur les retombées d’une telle éventualité. Dans une note de synthèse publiée en novembre 2024, tout en reconnaissant que le Cameroun était à jour de ses échéances sur le service de la dette auprès de ses créanciers, elle se montrait prudente sur la solvabilité à moyen terme du pays. Même si, selon cette agence de notation, « à 41,7% du Produit intérieur brut (PIB), la dette du Trésor reste soutenable et la croissance (4% en 2025), résiliente », l’agence de notation dit « craindre une exacerbation des tensions sociopolitiques dans le pays qui résulteraient d’une nouvelle candidature de Paul Biya, 92 ans, à la présidentielle d’octobre 2025 ».  Ce, en « l’absence de plan de succession et les divisions et rivalités au sein du parti au pouvoir augmentent le risque d’une transition désordonnée du pouvoir ».

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