« N’opposez pas les gens ! Si vous opposez les gens, on est foutu, parce que vous êtes contents d’être en France. Parce que si ce n’était pas la France, vous seriez 10 000 fois plus dans la merde ! » Ces propos ont été tenus par Emmanuel Macron, qui a été hué le jeudi 19 décembre 2024 par une foule à son arrivée à Mayotte. Le président français a vécu une première journée compliquée, confronté à la colère des habitants dévastés par le cyclone Chido. Acculé par des slogans appelant à sa démission, Emmanuel Macron a été direct : « Il n’y a pas un endroit dans l’océan Indien où l’on aide autant les gens », a-t-il plaidé.
N’arrivant pas à détailler les mesures annoncées au fil de la journée, Emmanuel Macron a fini par lâcher : « Ce n’est pas moi, le cyclone ! Je ne suis pas responsable ! »
Face aux journalistes, le président français a insisté : « On ne pourra pas régler les problèmes de fond de Mayotte si on ne règle pas le problème de l’immigration clandestine. C’est une certitude. »
Environ un tiers de la population, soit plus de 100 000 habitants, notamment des personnes en situation irrégulière venant des Comores voisines, vit dans des logements précaires. « Mettre fin » aux bidonvilles et « supprimer » ces habitats « indignes » et « dangereux » est l’un des objectifs de la « loi spéciale » promise par le président pour « rebâtir » Mayotte. Cette loi permettrait de « déroger aux règles », de raccourcir les délais et de faciliter la construction, à l’instar de ce qui a été fait pour les Jeux olympiques et la restauration de Notre-Dame de Paris en cinq ans après l’incendie de 2019.
Alors que le chef de l’État n’a pas encore fixé de calendrier pour la reconstruction, son Premier ministre François Bayrou, depuis Paris, s’est montré ambitieux : « Il faut se fixer un délai beaucoup plus bref que les cinq années, peut-être deux ans », a-t-il déclaré jeudi soir. « J’espère qu’on y arrivera. C’est une tâche surhumaine, immense. »
À moyen terme, le président a aussi exprimé le souhait de « renforcer la lutte contre l’immigration clandestine » en augmentant, jusqu’à presque doubler, le nombre de reconduites à la frontière, qui était de 22 000 en 2023.
Selon des chiffres provisoires, 31 morts et environ 2 500 blessés ont été officiellement recensés après le passage du cyclone dévastateur. « Il est vraisemblable qu’il y ait beaucoup plus de victimes », a reconnu le chef de l’État, rappelant qu’une mission avait été diligentée pour vérifier le nombre exact de morts. Une centaine d’évacuations sanitaires ont également été effectuées depuis le 16 décembre, selon le ministère de l’Intérieur.
