Face aux méthodes musclées du gouvernement militaire malien, incluant l’arrestation de hauts responsables de Barrick Gold et des négociations dans l’impasse, l’entreprise canadienne a annoncé, mercredi 18 décembre 2024, avoir déposé une demande d’arbitrage auprès du CIRDI concernant le litige fiscal qui l’oppose à Bamako. Cette demande d’arbitrage porte sur des centaines de millions de dollars que le Mali réclame à Barrick Gold au titre de redevances fiscales. L’entreprise canadienne, qui détient les licences d’exploitation des mines de Loulo-Gounkoto dans l’ouest du pays, conteste les réclamations financières du gouvernement malien.
Barrick Gold accuse Bamako de vouloir forcer l’application de son « nouveau code minier aux opérations de Loulo-Gounkoto, alors qu’il ne s’y applique pas », précise la société. En conséquence, les opérations de la plus grande mine d’or du Mali sont à l’arrêt et les négociations sont bloquées. Bamako n’a pas hésité à émettre un mandat d’arrêt contre le PDG de Barrick Gold, Mark Bristow et Cheick Abass Coulibaly, directeur général du complexe minier Loulo-Gounkoto. La société canadienne se dit cependant ouverte au dialogue, malgré les incertitudes quant à une éventuelle reprise de ses activités.
Barrick rappelle de son côté être l’un des plus gros contribuables et employeurs du Mali, avec 8000 employés, dont 97% sont maliens, et une contribution à hauteur de 5 à 10% du PIB du pays chaque année, selon la minière. La société canadienne a confirmé le mois dernier que quatre employés maliens de son complexe de Loulo-Gounkoto avaient été arrêtés, et que cela faisait suite à la détention de l’équipe de direction en septembre.
