Au cours de l’exercice 2025, le gouvernement camerounais entend dépenser 1.863,1 milliards de FCFA (2,94 milliards USD) dans la réalisation des projets du budget d’investissement public (BIP). Cette enveloppe est en hausse de 259 milliards de FCFA (environ 410 millions USD), soit 16,1%, par rapport aux 1604,1 milliards de FCFA (2,5 milliards USD) prévus dans la loi de finances de 2024.
Selon Yaoundé, « le budget d’investissement public va représenter 33,5% des dépenses budgétaires totales en 2025 ». A quelques points seulement des 40% ciblés dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).
En 2025, l’Etat du Cameroun compte utiliser cette enveloppe pour « la poursuite de la mise en service des grands projets de première génération et des autres projets en cours, la mise en œuvre des plans présidentiels de reconstruction des régions du Nord-Ouest, du Sud- Ouest et de l’Extrême-Nord, et l’accélération de la décentralisation ». Le BIP 2025 va s’inscrire dans le cadre de la poursuite de l’effort de consolidation budgétaire visant la réduction progressive du déficit budgétaire à moyen terme. Ce, en dépit de la forte dégradation enregistrée ces trois dernières années du fait du Covid-19.
Seulement, l’on note encore un faible niveau d’exécution du BIP malgré la volonté du gouvernement de vouloir booster ce chapitre budgétaire. En effet, lors de sa session du 11 novembre 2024 à Yaoundé, le Comité national de suivi de l’exécution physico-financière de l’investissement public a relevé que « l’exécution physique des projets présente un taux de 44,5% contre 40,77% à la même période de l’exercice 2023, soit une hausse de 3,8points ».
La présidente dudit Comité explique cette contreperformance par « les problèmes d’insécurité dans certaines régions, l’absence de maturation de certains projets, les impacts des changements climatiques, ainsi que les retards dans les paiements des fonds de contrepartie ». Le Comité note également comme facteurs ayant contribué à de mauvaises performances dans l’exécution des projets BIP en 2024 « la signature de certains avenants avec une incidence financière au-delà du plafond prévu par les dispositions du Code des marchés publics, le non-respect des plans de passation des marchés, le faible engouement de certains prestataires à soumissionner à la commande publique dans les régions en proie à la crise sécuritaire, des lenteurs dans l’exécution physique de certains projets à financement conjoint en raison de l’insuffisance de la dotation des fonds de contrepartie ». Enfin, « l’abandon de certains chantiers en raison du non-paiement des décomptes et des capacités insuffisantes des co-contractants de l’administration, ainsi que la modification des spécifications techniques de certains produits commandés avec pour conséquence l’élaboration des avenants », font partie de ces freins à l’investissement au Cameroun.
