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Dette : Kenya Railways fait défaut sur un prêt de 1,3 milliard de dollars contracté auprès de la China Exim Bank

Kenya Railways, l’entité nationale en charge des chemins de fer, fait face à une crise financière majeure après avoir fait défaut sur un prêt de 1,3 milliard de dollars contracté auprès de la China Exim Bank pour financer le chemin de fer à écartement standard (SGR) reliant Mombasa à Naivasha. Ce projet, salué à son…

Kenya Railways, l’entité nationale en charge des chemins de fer, fait face à une crise financière majeure après avoir fait défaut sur un prêt de 1,3 milliard de dollars contracté auprès de la China Exim Bank pour financer le chemin de fer à écartement standard (SGR) reliant Mombasa à Naivasha. Ce projet, salué à son lancement comme un moteur de transformation économique pour le Kenya, met désormais en lumière les défis financiers et structurels liés aux grands projets d’infrastructures financés par l’emprunt. Le SGR, l’un des projets phares du Kenya dans sa quête de modernisation des infrastructures, a été lancé en 2017 avec pour objectif de faciliter le transport de marchandises et de passagers entre Mombasa, principal port d’entrée de l’Afrique de l’Est, et l’intérieur du pays.

Avec un financement initial de 4,2 milliards de dollars de la China Exim Bank, le projet visait à réduire les coûts logistiques, désengorger les routes principales, et soutenir le développement économique. Cependant, ce qui devait être une solution économique s’est rapidement transformé en un fardeau. En 2024, les prêts rétrocédés relatifs au SGR atteignent un total de 5,7 milliards de dollars, alors même que les revenus générés par les activités du SGR, notamment le transport de fret et de passagers, sont insuffisants pour couvrir les coûts d’exploitation. Un rapport du Trésor national publié en 2024 révèle que les arriérés de remboursement de prêts liés au SGR s’élèvent à 1,3 milliard de dollars, représentant 62 % des arriérés totaux de 2,1 milliards de dollars du gouvernement pour l’année 2023/2024.

En conséquence, Kenya Railways est désormais confrontée à des pénalités financières estimées à 12,4 millions de dollars, dues à une amende de 1 % sur les arriérés impayés. Cette situation aggrave encore les défis fiscaux auxquels le Kenya est confronté, obligeant le Trésor national à utiliser les impôts collectés auprès des citoyens pour rembourser les prêts chinois. Le recours aux fonds publics soulève des inquiétudes quant à la durabilité de la dette et au fardeau croissant supporté par les contribuables. L’un des principaux problèmes du SGR réside dans sa rentabilité. Malgré les prévisions initiales, les revenus tirés des services passagers et fret n’ont pas atteint les niveaux nécessaires pour couvrir les coûts d’exploitation, encore moins pour rembourser la dette. Par exemple, les faibles volumes de fret transportés par le SGR ont contraint le gouvernement à imposer des politiques obligeant les importateurs à utiliser le SGR, suscitant des critiques de la part des parties prenantes du secteur privé.

En outre, le SGR illustre la dépendance excessive du Kenya vis-à-vis des financements externes, principalement chinois, pour ses projets d’infrastructure. Bien que ces projets soient essentiels pour le développement, leur viabilité économique reste incertaine sans des plans de financement et de gestion des ressources adéquats. Le cas du Kenya s’inscrit dans un contexte plus large de dépendance croissante des pays africains aux prêts chinois pour financer des infrastructures critiques. Bien que la Chine soit devenue un partenaire clé pour les financements en Afrique, ces prêts sont souvent assortis de conditions strictes, notamment des taux d’intérêt élevés et des clauses de remboursement contraignantes. En réponse à ces défis, certains pays africains, comme l’Éthiopie et l’Angola, ont renégocié leurs dettes avec la Chine pour éviter des défauts de paiement similaires. Le Kenya pourrait envisager une approche similaire pour alléger le fardeau de sa dette tout en veillant à ce que les infrastructures financées par ces prêts soient pleinement opérationnelles et contribuent au développement économique. L’expérience du SGR met en évidence plusieurs leçons importantes pour le Kenya et d’autres pays africains.

Tout d’abord, la planification des projets d’infrastructure doit inclure des analyses rigoureuses de la viabilité économique et de la rentabilité. Ensuite, la diversification des sources de financement, au-delà des prêts chinois, pourrait réduire les risques associés à une dépendance excessive à un seul créancier. Enfin, il est essentiel de renforcer la gestion financière et la transparence des grands projets d’infrastructure pour éviter les surfacturations et maximiser les avantages pour l’économie locale. Le SGR, bien qu’ambitieux, illustre les défis complexes liés à la gestion de la dette dans les projets d’infrastructure à grande échelle. Pour le Kenya, l’urgence est désormais de trouver des solutions viables pour rembourser les prêts tout en assurant que le SGR remplisse ses promesses initiales de transformation économique. Ce cas pourrait également servir de signal d’alarme pour d’autres pays africains confrontés à des niveaux croissants de dette extérieure.

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