Le Regroupement des organisations des professionnels des Tic (Roptic), qui réunit les acteurs du numérique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), plaide pour la création d’un fonds dédié au financement des projets numériques de l’espace communautaire. Un sujet évoqué par ses responsables en marge d’un évènement tenu le 29 novembre 2024 à Abidjan (Côte d’Ivoire).
Ce fonds apparaît comme un impératif, déclare Antoine Ngom, président du Roptic. Qui décrit cet instrument « comme un catalyseur pour soutenir l’émergence d’une véritable industrie numérique locale régionale capable d’apporter des solutions et de conquérir des marchés internationaux ».
A l’en croire, le potentiel est immense, citant une étude de la Banque africaine de développement (BAD), qui note que les TIC en Afrique pourrait générer 180 milliards de dollars de revenu d’ici 2025. Mais, selon M. Ngom, pour capter cette dynamique, il est essentiel de lever des freins financiers et d’investir dans des projets à fort potentiel.
Un secteur faiblement financé
Selon un rapport également cité par le président du Roptic, 80% des crédits bancaires de l’Uemoa sont affectés aux secteurs traditionnels de l’économie tandis que les projets numériques n’obtiennent que 5% des financements. Une portion jugée faible, d’ailleurs bien inférieure aux 20% fixés par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour soutenir l’émergence des champions du numérique.
Pour rappel, la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) et le ROP-TIC ont signé, en juin dernier, un Accord-cadre dans le but de promouvoir le développement équilibré des Etats membres et leur intégration économique, à travers des initiatives de transformation numérique. Cet accord-cadre vise à favoriser un partenariat dynamique et durable entre le secteur privé du numérique de l’espace UEMOA et la BOAD, avaient indiqué les deux parties dans un communiqué.
